Mercredi 9 avril 2008
Je signale ce cycle de conférences-débats au centre Pompidou : Si la Science m'était contée, paroles de scientifiques.
Les séances du 14 avril et du 19 mai seront consacrées aux mathématiques. Celle du 16 juin est intitulée "les sciences et le sacré". J'invite les lecteurs de mathéphysique qui se rendraient à ces conférences à me faire part de leurs commentaires.
par Fabien Besnard publié dans : math-et-physique
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Samedi 5 avril 2008

J'ai entendu hier David Douillet expliquer que les athlètes français allaient porter, en signe de leur attachement au droits de l'homme, un badge figurant... les anneaux olympiques. Outre qu'on voit mal le lien entre les valeurs de l'olympisme, dont on nous rebat les oreilles ces temps-ci, et les droits de l'homme (faut-il rappeler les opinions politiques de Pierre de Coubertin ?), on se demande si ce message n'est pas un peu trop explicite... En tout cas, ça m'a rappelé ce passage savoureux issu du "Confort intellectuel", de Marcel Aymé (et inspiré de faits réels, si on en croit l'auteur).

Etant en zone sud en 1943, je me trouvai en contact avec un cénacle de poètes qui publiaient leurs vers dans une revue locale. L'un d'eux, farouchement antinazi, publiait au grand jour des poèmes vengeurs dans lesquels il disait cruellement son fait à l'oppresseur, mais il le disait dans une forme si rare et si personnelle que l'ennemi le plus prévenu n'y pouvait rien surprendre. De temps en temps, le poète réunissait ses amis chez lui et tandis qu'il leur lisait ses derniers écrits, chacun se récriait sur sa témérité. "Vous verrez, disait sa femme avec une fierté douloureuse, mon mari sera fusillé." Assistant un jour à l'une de ces séances et comme le poète reprenait haleine, j'osai dire que rien, dans les vers que je venais d'entendre, ne me paraissait de nature à éveiller la susceptibilité de l'ennemi. Il y eut un froid dans l'assemblée. Aux regards hostiles et soupçonneux qui m'enveloppèrent, je sentis qu'en insistant le moindrement, j'allais passer pour un maréchaliste et peut-être pire. Enfin, le poète reprit sa lecture. Ses vers m'ont paru, à certains égards, tellement remarquables que j'en ai pris copie. Voici les derniers :

         Roche desprise il se surlève du guidon
         trois degrés mourant sur vos échines haut et bas
         arc-en-ciel divisé la plaine est pleine et coule
                                                la rivière crescendo
         le bruit blanc le chant allons au pré
         doux équilacérés la flamme torte fuligine
                                        la retombée coucou.

Un cri sauvage accueillit le point final. Les yeux pleins de larmes, la femme du poète se tordait les mains.
"Non, chéri, tu ne publieras pas ça ! C'est trop direct, c'est trop cru ! Ce serait un suicide !
- Si ! répliqua le poète qui était très pâle. Je le publierai.
-Voyons, mais tu ne te rends pas compte que c'est d'une brutalité inouïe ! Je vous en prie, vous tous, dites-lui d'être raisonnable !
-Allons, mon vieux, dirent les amis. Allons, mon cher, un peu de sagesse. Tu as une femme, des enfants, etc.
-Je le publierai."
Le poète serrait les dents, fièrement résolu. Chacun entreprit de lui démontrer sa folie téméraire en reprenant le poème mot à mot. "Au moins, sanglotait l'épouse, enlève
  '
arc-en-ciel divisé' et enlève 'coucou'."  Pour me racheter aux yeux de l'assemblée, je voulus être du sauvetage et je dis à mon tour :
"Guidon me paraît également très risqué. En somme, guidon est la traduction du mot "fuhrer".
-Monsieur, vous vous méprenez, répliqua fraîchement le poète. Mon poème n'est pas un mot-croisé."

Finalement, je l'ai su plus tard, le poème a été publié tel quel. L'auteur n'a été ni fusillé, ni emprisonné. Il a certainement pensé que les Allemands étaient bien bêtes et il doit encore en faire des gorges chaudes. Car notre homme était sincère, comme l'étaient sa femme et les autres personnes présentes. Et c'est une chose terrible à penser que tous ces gens-là croyaient se comprendre.

par Fabien Besnard publié dans : Politique
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Mercredi 2 avril 2008
Je vous invite à lire mon dernier billet sur le blog des livres, à propos des "Deux cultures", de C. P. Snow, et du "Monde selon Monsanto".
par Fabien Besnard publié dans : math-et-physique
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Samedi 29 mars 2008

Sur l’air de « New York, USA », par Serge Gainsbourg :

 

J’ai-vu Win-doz, Win-do-ze-Vis-ta,

J’ai-vu Win-doz, Win-do-ze-Vis-ta,

J’ai-ja-mais-rien-vu-d’au-,

J’ai-ja-mais-rien-vu-d’au-ssi-lent,

Oh-c’est-lent, c’est-lent, Win-doz,

Win-do-ze-Vis-ta.

 

par Fabien Besnard publié dans : divers
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Vendredi 14 mars 2008

La presse, la radio, les journaux télés, ne tarissent pas d'éloges sur le reportage de Marie-Monique Robin 'Le Monde selon Monsanto' récemment diffusé sur Arte. Je l'ai moi aussi regardé, avec un a priori positif puisqu'on m'en avait dit du bien. Or, si le film m'a semblé convaincant par moment, notamment sur la collusion entre Monsanto et la FDA, qui si elle est avérée, est proprement scandaleuse, d'autres points m'ont vraiment gêné. Par exemple, le fait de considérer comme un argument digne d'être exposé le nombre élevé de réponses de google qu'on on y tape "Monsanto+fraude", ou quelque chose dans ce goût là ! Le fait également que le reportage soit totalement à charge, et que certaines questions qui viennent immédiatement à l'esprit soient passées sous le tapis, par exemple : si les semences de Monsanto provoquent la faillite des paysans, pourquoi ces derniers les achèteraient-ils ? N'y a-t-il pas d'autre fournisseur ? Certains intervenants ne m'ont pas paru très crédibles, comme cette indienne qui affichait son hostilité à tout progrès en agronomie, en même temps que sa ferveur religieuse comme le nez au milieu de la figure... Enfin aucune preuve n'a été fournie que les variétés monstrueuses de maïs trouvées au Mexique aient un rapport avec la contamination par les OGM. La séquence où un militant anti-OGM s'adresse aux paysans mexicains avait d'ailleurs de forts relents de propagande. Sans parler de la mise en scène où l'auteur se donne en permanence le rôle du chevalier blanc. Bref, ça m'a laissé comme un drôle d'arrière-goût. Si des arguments rationnels et pertinents existent, pourquoi utiliser des procédés aussi douteux ?

C'est pourquoi j'ai eu la curiosité de "googler" à mon tour le nom de l'auteur de ce fameux reportage. Il se trouve que c'est cette même personne qui a réalisé le reportage "voleur d'yeux", sur d'horribles trafics d'organes, qui avait fait beaucoup de bruit à l'époque, et qui en a refait un peu plus tard pour une autre raison...  Un des arguments du "monde selon Monsanto", et que si une firme trempe dans des affaires louches, on ne peut plus lui faire confiance. Jamais. Apparemment le milieu médiatique n'applique pas la même intransigeance à ses membres.

Enfin, google m'a mené
sur le site de l'AFIS, qui démonte l'argumentaire de Marie-Monique Robin sur des points très précis, et transforme certains des doutes qui m'avaient envahis en certitude que les responsables des chaînes de télévision, y compris du service public, manquent singulièrement de sens critique. Ou alors a-t-on volé leurs yeux ? 

MAJ : voir également ce lien. On y apprend que le film de Mme Robin sera diffusé à l'Assemblée Nationale le 31/03....

par Fabien Besnard publié dans : pipeaulogie
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