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Encore un faux débat

28 Septembre 2006, 20:07pm

Publié par Fabien Besnard

Je veux parler de celui sur la carte scolaire. Y a t-il dans ce  pays un  journaliste qui ne pense pas que reprendre automatiquement les thèmes de campagne de Nicolas Sarkozy sans se poser de question soit l'essence de son métier ? Pourquoi n'y a t-il personne pour se demander si le vrai problème  d'intérêt général ne serait pas l'état de délabrement dans lequel on a laissé sombrer l'éducation nationale (comme d'autres services publics) et non pas la façon dont on va gérer le désastre, au profit d'un petit nombre de priviligiés qui plus est... Bien sûr je connais le crève-coeur de voir des élèves doués, et même très doués, végéter dans un environnement hostile à toute forme d'intelligence. Pour ceux-là, et dans l'urgence, on devrait pouvoir faire quelque chose pour les sortir de leur milieu. S'ils sont vraiment très doués on peut les inscrire à Louis-le-Grand. Il devrait sûrement y avoir davantage d'établissements (publics, car il en existe de privés) pour s'occuper des quelques élèves très précoces dont l'avenir est parfois gâché. Mais reconnaissons qu'il ne s'agirait là que d'un expédient, un traitement symptomatique certes utile dans quelques cas mais insuffisant, et que la vraie tâche de fond, la seule dont on devrait débattre entre républicains, est de remettre le plus vite possible la connaissance au centre du système scolaire.

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De bien belles courbes !

20 Septembre 2006, 15:37pm

Publié par Fabien Besnard

Voici un site que j'ai découvert il y a quelques jours et qui est tout simplement magnifique. Impressionnant d'exhaustivité, il a dû demander un travail fou à son auteur. Il faut aller vous y perdre, vous ne regretterez pas le détour.


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Drôle de bête

16 Septembre 2006, 19:07pm

Publié par Fabien Besnard

Je soumets ce mystère à la sagacité de mes lecteurs : j'ai vu dans ma rue, il y a déjà quelques temps puisque c'était après le match France-Espagne de la coupe du monde, une étrange créature visiblement affolée par les clameurs s'élevant de la ville. Elle avait la taille d'un rat, mais une queue différente, et un museau aplati. Et surtout, elle se déplaçait par bonds maladroits. C'était quelque chose d'intermédiare entre une taupe et un hérisson sans piquants. Je précise que je n'avais abusé d'aucune substance psychotrope. On m'a dit qu'il pourrait s'agir d'un lérot, mais après consultation des photos du suspect sur internet, j'ai éliminé cette piste. Quelqu'un aurait-il des lumières sur la question ?

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L'affaire Bogdanoff : épilogue ?

13 Septembre 2006, 10:06am

Publié par Fabien Besnard

La plainte que les frères Bogdanoff avaient déposée contre le magazine Ciel et Espace (dont l'article reprenait pour l'essentiel ce qui était écrit) vient d'être jugée irrecevable, et les jumeaux condamnés aux dépens. 

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Pétition

9 Septembre 2006, 14:56pm

Publié par Fabien Besnard

On peut trouver sur http://www.refondation-ecole.net/ une pétition (proposée par Laurent Lafforgue, Marc le Bris, Jean-Pierre Demailly, Michel Delord et Frédéric Guillaud) que je vous invite à signer afin que l'école soit l'enjeu d'un véritable débat lors de la campagne présidentielle. C'est (la dernière ?) occasion de sauver l'instruction publique du désastre.

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Propositions de réformes pour l'enseignement des sciences

4 Septembre 2006, 10:43am

Publié par Fabien Besnard

J'ai commenté (ici et ) de façon très critique le rapport parlementaire sur l'enseignement des sciences. J'en viens maintenant à mes propres propositions.

1) insister davantage sur la grammaire à l’école primaire et au collège.

Cela peut paraître surprenant, mais c’est pour moi la priorité pour le développement de la pensée logique. Par ailleurs la compréhension des énoncés (des problèmes, définitions, théorèmes) dépend crucialement d’une bonne capacité d’analyse grammaticale. Les professeurs de sciences sont souvent dépourvus devant des élèves qui ne comprennent pas la différence entre une hypothèse, une conclusion, une preuve.

 

 

 

2) Le contenu de l’enseignement doit être confié à une commission indépendante constituée pour un tiers de membres de l’Académie (désignés par elle), pour un tiers de représentants du parlement, et pour un tiers de représentants élus des enseignants. Ses débats seraient publics.

On notera l’absence des « scientifiques » de l’éducation (à moins qu’ils ne soient par ailleurs enseignants, députés ou académiciens). Ils se consoleront en remarquant que la composition de cette commission reflète le fameux triangle didactique ! Il ne s’agit pas de créer une commission consultative de plus. Premièrement elle remplacerait le HCE, que la composition rend par trop dépendante du pouvoir politique en place. Deuxièmement, ses décisions seraient souveraines.


Et c’est tout ! Je crois qu’une institution indépendante, légitime et suffisamment stable peut faire beaucoup plus pour améliorer la qualité de l’enseignement des sciences que les multiples réformes qui pourraient jaillir de mon cerveau... On notera bien sûr que ces propositions n’ont rien de spécifiques aux sciences. C’est parce que je crois que les problèmes qui se posent ne sont pas non plus réellement spécifiques aux sciences. Il serait logique de créer des commissions spécifiques aux différentes disciplines (on pourrait en regrouper certaines pour éviter la profusion, et les membres du parlement seraient autoriser à siéger dans plusieurs commissions). J’ai toutefois d’autres propositions d’ordre général.

 

 

 

1)      Parce que l’on ne peut rien sans motivation, et parce que la motivation ne vient que si l’on a une idée précise quant à son avenir, il est impératif que tous les élèves de France aient, au moins une fois dans leur vie, un entretien personnalisé avec un conseiller d’orientation. Cela suppose d’y mettre des moyens. Même les bons élèves sont concernés : il faut mettre fin à la sélection par l’absence d’information, qui est malheureusement très répandue.

 

 

 

2)      Toutes les décisions d’ordre pédagogique concernant un élève doivent être prises par le conseil de classe. Ses décisions sont souveraines et sans appel, à quelque niveau que ce soit. Le chef d’établissement vote, mais ses décisions ne s’imposent pas au conseil. Je pense que cette proposition est de nature à réaffirmer l’autorité des enseignants. On peut imaginer, si les parents d’élèves contestent une décision de redoublement, de mettre en place un examen de passage anonyme.

 

 

 

3)      Il me paraît fondamental que les professeurs les moins expérimentés ne soient pas, comme c’est le cas aujourd’hui, affectés en priorité dans les zones les plus difficiles. C’est tout l’inverse qu’il faut faire !

 

 

 

4)      Il faut repenser l’obligation scolaire de façon à ce que les élèves auteurs de troubles graves ne soient pas automatiquement inscrits dans un établissement dès lors que leurs parents en font la demande. On peut trouver cette mesure « purement répressive ». Elle n’aurait bien sûr de sens que si, dans le même temps, on donne des moyens suffisants aux structures spécialisées pour les élèves en grande difficulté.  (Aujourd’hui les Segpa accueillent à la fois, et contrairement à leur statut, des élèves ayant de graves problèmes de comportement et des élèves ayant de graves problèmes de compréhension. Cela doit cesser.)

 

 

 

Il y aurait bien entendu d’autres mesures à prendre, je me limite volontairement à petit nombre de points qui me paraissent fondamentaux pour que l’institution scolaire retrouve tout son crédit et toute son autorité.

 

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Perelman

3 Septembre 2006, 15:25pm

Publié par Fabien Besnard

Voici un article fort bien écrit du New Yorker à propos de Perelman et de son refus d’accepter la médaille Fields. Les auteurs réussissent à présenter aussi bien que possible dans un format aussi court la conjecture de Poincaré et les travaux qu’elle a suscité en topologie. Mais l’article se focalise surtout sur la psychologie des différents personnages (Hamilton, Yau, Perelman), leur différences de style (Yau, insistant sur la clarté d’exposition et la pureté logique, s’oppose à l’oracle Perelman aux démonstrations cryptiques), et enfin la querelle de priorité qui les oppose. Perelman est présenté comme un être ascétique, un pur esprit flottant bien au-dessus des préoccupations matérielles, des prix et des petites querelles. Je crains que cela ne fasse qu’accréditer l’idée déjà fort répandue que plus les mathématiciens sont talentueux, plus ils sont marginaux et fous. Et même si cette folie est présentée sous le jour positif de la sagesse érémitique, qui voudrait se plonger dans un savoir qui vous coupe de l’humanité à mesure que vous l’approfondissez ? La tentation de la pureté et de l’ascèse n’a pourtant rien à voir avec les mathématiques, mais tout avec les névroses. Il y a bien sûr une corrélation entre les deux : un caractère obsessionnel, une capacité à s’abstraire du monde, sont des atouts majeurs, et jusqu’à un certain point indispensables, pour une activité demandant un aussi long effort de concentration. Mais à quel moment l’obstination, qui seule permet d’accéder à la joie de la connaissance, se transforme-t-elle en l’obsession, qui vous domine et vous prive de toute autre joie ? Robert Musil a peut-être la réponse, lorsque, à travers son homme sans qualité, qui incidemment est mathématicien, il déclare : l’homme sain est celui qui a toutes les maladies mentales, tandis que le fou est celui qui n’en a qu’une seule.

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