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Vend carte au trésor, état neuf.

25 Mai 2007, 16:26pm

Publié par Fabien Besnard

« Cher Monsieur,

Je vous écris parce que je dispose d’une carte menant à un trésor inestimable. Etant malheureusement moi-même dans l’incapacité de me déplacer, je vous propose d’acquérir cette carte pour 1000 Euros. »

 

 J’imagine que si vous receviez une lettre ainsi formulée, vous souririez avant de la mettre immédiatement à la poubelle. Il se trouve que je viens de recevoir l’équivalent « cosmologique » de cette aimable plaisanterie. L’auteur du mail que je viens de recevoir prétend avoir réussi à

 

 “derive an expression for the cosmological constant which does not contain any arbitrary parameters [...] which is in good agreement with observations.

 The author of this yet unpublished paper, who had been a graduate student, has recently been ousted from his institute for political reasons and is currently not in a position to get studentship anywhere. Because of financial problems he likes to hand over the paper along with its authorship to someone who would help him financialy. If you are interested please respond to this mail as soon as possible.”

 

 

En fait, il est encore plus improbable que quelqu'un morde à l'hameçon que dans le cas de la carte au trésor. En effet, dans l'hypothèse où la découverte serait réelle, un chercheur indélicat qui n'hésiterait pas à spolier ainsi un collègue d'une découverte majeure en l'échange d'une somme d'argent, serait immédiatement démasqué et mis au ban de la société des savants, puisque des centaines de personnes ont reçu le même e-mail ! 

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Annonces diverses

19 Mai 2007, 11:45am

Publié par Fabien Besnard

Le dernier numéro de "Paroles de chercheurs" est en ligne, avec une interview d'Edouard Brézin, physicien, professeur à l'Ecole normale supérieure et ancien président de l'Académie des sciences.

Par ailleurs j'apprends par le blog de Peter Woit qu'une conférence aura lieu le mercredi 6 juin à la cité des sciences, avec un débat entre Lee Smolin et Thibault Damour autour de la théorie des cordes. Cela promet d'être passionnant !

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Traître academy

18 Mai 2007, 21:19pm

Publié par Fabien Besnard

Morin, Besson, Kouchner, tous les trois ont été très brillants cette année. Qui va remporter la traître-academy 2007 ? Morin a rallié Sarkozy entre les deux tours, sapant les bases de la stratégie de Bayrou dont il était censé être le lieutenant. Une belle trahison dans un beau style classique, mais rien de bien surprenant pour un centriste. Besson, passant avec armes et bagages à l'ennemi dont il avait dressé le portrait au vitriol alors qu'il était encore supposément socialiste, c'est assez épatant. Du jamais vu à ce niveau. La barre est décidemment très haute. Sauf que personnellement je vote pour Kouchner. Retourner sa veste le soir du second tour, quasiment en direct, c'est magnifique. Difficile à battre. A lui donc le grand prix, remis des mains mêmes de Nicolas S. vainqueur de la traître academy 1995  : s'asseoir à droite de Christine Boutin au prochain conseil des ministres.

Comment a t-on pu en arriver là ? Assister au triomphe du cynisme politique le plus écoeurant ? Il n'y a pas de raison que l'être humain soit moins vertueux aujourd'hui qu'hier. Si on en est là c'est que le système politico-médiatique secrète et récompense ce genre de comportement. Il est donc urgent de réfléchir à des changements institutionnels (et médiatiques) et j'aurai l'occasion d'y revenir. En attendant de tels changements, il m'apparaît essentiel de récompenser dans les urnes ceux dont le comportement politique reflète un minimum d'éthique.

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Scoop : François Bayrou élu !

13 Mai 2007, 21:59pm

Publié par Fabien Besnard

Un nouveau mode de scrutin, le jugement majoritaire, a été expérimenté lors des deux tours de la dernière élection présidentielle dans trois bureaux de vote à Orsay. Voir les détails ici. Lors du premier tour, le scrutin habituel dans ce bureau classait dans l’ordre Sarkozy et Royal puis Bayrou, éliminé du second tour comme dans le reste du pays. En revanche, avec le jugement majoritaire Bayrou était élu président (du moins sur Orsay !). Dès lors que des modes de scrutin peuvent influer de façon aussi décisive sur le résultat d’un vote, et par conséquent sur la vie politique, et même l’histoire d’un pays, il semble évident que le choix de ce mode revêt une importance fondamentale. Traditionnellement dans notre pays, le choix du mode de scrutin est du domaine des politiques qui sur cette question ont une attitude simple à résumer : la fin justifie les moyens. Or il se trouve que la Science a son mot à dire sur la question. La démocratie, et en particulier le suffrage universel, pose la question du choix collectif : comment faire un émerger un choix collectif à partir des préférences particulières ? Cette question n'admet pas de réponse immédiate puisque, comme on l’a vu, différentes procédures donnent des résultats différents. Des résultats paradoxaux peuvent même se produire, comme l’a réalisé Condorcet il y a déjà plus de deux siècle. Par exemple, dans une élection majoritaire à deux tours, comme le scrutin présidentiel français, un candidat qui battrait n’importe quel autre au second tour peut être éliminé au premier. Un tel candidat est appelé candidat-Condorcet (c’est plus joli que candidat cocufié…)  Si l’on se fie aux sondages, qui après tout ne se sont pas trop trompé cette fois ci, François Bayrou était un candidat-Condorcet aux dernières élections. Un mode de scrutin qui permet l’existence de candidats-Condorcet recèle donc une incohérence interne, que rien ne saurait justifier. Un mode de scrutin réellement démocratique ne doit donc pas permettre de telles incohérences. D’autres critères sont également à prendre en compte, comme la possibilité de triche : on peut imaginer qu’un parti suscite la formation dans le cas adverse de partis sous-marins, dont le seul but soit de tromper les électeurs et morceler l’électorat des adversaires. De telles pratiques se sont déjà vues, notamment dans le monde syndical. Le scrutin majoritaire à deux tours étant très sensible à l’émiettement des voix, comme on l’a constaté en 2002, il est également sensible à ce type de tricherie. Sans parler du chantage au vote utile, qui a probablement faussé les résultats de l’élection de 2007, et de la difficile émergence de forces nouvelles.

On peut bien sûr également critiquer le jugement majoritaire. Guy Carcassonne se demande s'il aurait permis d’élire un De Gaulle ou un Churchill. Outre que cet argument n’a aucune porté puisqu’il est totalement invérifiable, on peut rappeler que De Gaulle n’a pas été élu au suffrage universel majoritaire à deux tours en 45 ni en 58, seulement en 65. On aimerait qu’un constitutionnaliste de la trempe de Guy Carcassonne ne se sente pas autorisé à répondre à des vraies questions, qui vont au fond de la question de la légitimité démocratique, par des réflexions ironiques sur le patinage artistique. Cela est malheureusement révélateur de l’état de connaissance de ce que Condorcet appelait l’arithmétique politique dans les élites françaises. Si l' on veut juger d'un mode de scrutin, ce ne peut être qu’à l’aune de critères à la fois démocratiques et exempts de contradictions. Or une fois les critères posés, ce n’est plus aux politiques mais aux scientifiques spécialistes de la question de déterminer quels sont les modes de scrutin qui y répondent. Et s’il s’avère qu’il y en a plusieurs, d’autres considérations, comme la simplicité ou la clarté pourront être utiliser pour les départager. Certains objecteront peut-être que ces dernières qualités sont si importantes, puisqu’un citoyen lambda doit être à même de comprendre le mode de scrutin et pouvoir lui faire confiance, qu’on puisse envisager une entorse aux règles logiques et démocratiques pour les satisfaire. On pourrait craindre par exemple que le jugement majoritaire rende l’élection confuse et oblige à l’utilisation de machines à voter toujours suspecte, et que cette considération l’emporte sur la justice électorale. Or il se trouve qu’un autre mode de scrutin, qui possède essentiellement les mêmes vertus que le jugement majoritaire est à la fois simple, clair, et facile à mettre en place. Il s’agit du vote par assentiment. Le principe tient en une ligne : au lieu de placer un bulletin de vote dans une enveloppe, on a le droit d’en placer plusieurs. C’est le mode de scrutin qui a ma préférence.

Il est malheureusement très peu probable que ces questions essentielles apparaissent sous peu dans le débat politique, à l’exception peut-être du débat sur la proportionnelle aux élections législatives (alors qu’il ne devrait pas y avoir de débat puisque c’est le seul scrutin juste dans ce type d’élection). Mais l’expérience d’Orsay aura au moins le mérite de révéler que le choix des Français n’est peut-être pas aussi tranché qu’on veut bien le dire et relativisera bien des affirmations péremptoires sur la bipolarité qui aurait été soi-disant plébiscitée.

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Jean-Marie Pelt ne va pas mieux...

2 Mai 2007, 19:10pm

Publié par Fabien Besnard

Dans la rubrique "c'est bon de rire parfois", j'ai pris hier matin une émission en cours sur Europe 1. Jean-Marie Pelt, le botaniste mystique, répondait par téléphone aux questions de Jacques "Roswell" Pradel. Je cite de mémoire : "le problème c'est que la biologie classique réduit les choses à des molécules, alors que la physique quantique nous apprend que les atomes sont aussi des ondes ! Donc une plante, elle vibre aussi sur un plan énergétique, et ça il faut le prendre en compte. D'ailleurs je vous livre une information : Boris Eltsine était suivi par un médecin quantique !"

Hmm, ça donne envie. Et la vodka à l'herbe de bison, c'était de la phytothérapie ?

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