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Laïcité et Islam

13 Mars 2006, 19:42pm

Publié par Fabien Besnard

En ces temps de politiquement correct où il est de bon ton de se demander à chaque instant si par hasard on ne heurterait pas la croyance d'un dévot quelconque, mais où les laïques, les athées et les agnostiques semblent avoir disparu de la scène (ils sont pourtant toujours plus nombreux), le numéro 461 de Marianne m'a fait l'effet d'une bouffée d'air frais. On y trouve notamment un rappel bienvenu du combat que mènent les libres penseurs en terre d'Islam, parfois au péril de leur vie. Voici quelques noms et quelques liens en vrac pour la plupart repris de l'article de Marianne :

Taslima Nasreen, et Salman Rushdie,

Nabil El-Fayadh : Chercheur et écrivain syrien. Il a rédigé des centaines d’articles et il est l’auteur de plusieurs ouvrages interdits en Syrie et dans la plupart des pays arabes. Il a été arrêté par les services de renseignements le 30 octobre 2004 à Damas. Comme lors des précédentes interpellations, l’incarcération fait suite aux plaintes déposées par l’un des « savants » en religion les plus intégristes, Mohamed Saïd Ramadan el-Bouti, de l’université de la Charia de Damas. Il a par ailleurs été menacé de mort à plusieurs reprises par le cheikh wahhabite Khatib Khodra,

Mohamed el-Harbi : Enseignant saoudien. Vient d’être condamné à 750 coups de fouet, trois ans et quatre mois de prison pour « atteinte à l’intégrité de l’islam ». 

Mohamed el-Souheimi : Enseignant saoudien. Condamné à 300 coups de fouet, trois ans de prison et interdiction d’exercer pour apostasie.

Ahmed el-Baghdadi : Enseignant koweïtien. Accusé de « dévalorisation de la religion », il a été arrêté à plusieurs reprises.

Nasr Abou Zeid : Ce brillant essayiste égyptien, auteur d’une célèbre Critique du discours religieux (traduit en France chez Actes Sud) a dû s’exiler, accusé d’apostasie par les islamistes qui exigeaient de sa femme qu’elle divorce.

Sadik Jellal el-Adham : Ecrivain libanais, violemment attaqué pour son livre intitulé Critique de l’esprit religieux.  

Farag Foda : Journaliste et écrivain égyptien. Assassiné en juin 1992 après avoir publié La Vérité absente qui critiquait l’islam et l’islamisme. Le cheikh de la mosquée d’Al-Azhar, au Caire, l’avait dénoncé quelques jours auparavant comme « apostat ». 

Abdallah et-Kouseimi : Ce saoudien a d’abord été un ouléma classique avant d’entamer sa révolution personnelle. Devenu athée, il a vécu toute sa vie dans la clandestinité, mais a réussi à financer un réseau athée. Auteur d’une vingtaine d’ouvrages, il est mort en 2002. Son fils a repris le flambeau de la libre croyance, au Liban cette fois.  
 
Turan Dursun : Ancien Mufti turc devenu athée. Assassiné par des islamistes.  

Et pendant ce temps là... la laïcité et la défense des droit des femmes pèsent peu en face de contrats juteux. Le mot honte me semble faible.

On peut également consulter le livre Leaving Islam. Apostates Speaks Out. 

ainsi que les sites suivants :
http://www.islama.com/  
http://www.atheturk.com  
http://www.ladeeni.net  
http://www.assoaime.net  

et sur la libre pensée et l'athéïsme en général :

http://librepenseefrance.ouvaton.org/

http://atheisme.internation.free.fr/index.php

http://www.atheisme.com/

Voir enfin http://www.the-brights.net/ et http://www.union-rationaliste.org/


 

 

 

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Fabien Besnard 31/03/2006 13:48

Je signale sur le sujet les articles de Slimane Zeghidour dans le numéro hors-série de Télérama consacré aux Lumières.

Mezetulle 13/03/2006 22:05

Très bonne idée d'avoir souligné l'existence de ce numéro de Marianne, que j'ai aussi acheté et lu avec le sentiment de respirer un ballon d'oxygène. A noter qu'il existe un très grand nombre de "musulmans athées" (comme moi je suis "catholique athée" - ça veut dire par exemple que je ne crache pas sur une bonne brandade de morue le vendredi saint !)  ou plus généralement de laïques de culture musulmane à qui on ferme la bouche de tous côtés. Pris entre le marteau de l'islamisme alimenté par l'omerta de la "fidélité aux origines" et la redoutable enclume du communautarisme bien pensant qui vous crucifie à une appartenance (comme s'il fallait en avoir une), il leur faut beaucoup de courage, y compris en France, pour se faire entendre.