Vendredi 22 mai 2009
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Il semblerait que, devant le tollé général, les vecteurs réintègrent le projet de programme. Mais peut-être n'a-t-on pas assez insisté sur un autre outrage fait à la
géométrie, mère de toutes les sciences : la disparition des cas d'isométrie et de similitude de triangles. Privés de ces outils puissants, intuitifs et beaux, les futurs élèves n'auront
vraiment rien à se mettre sous le cortex en seconde. Finis les exos totalement inutiles mais tellement beaux, et tellement formateurs pour l'esprit, comme la démonstration du très étonnant théorème de Morley par
la méthode des triangles semblables, due
à John Conway. Désormais pour démontrer ce théorème, on devra passer par une hideuse méthode trigonométrique, ou attendre la Terminale S, spécialité maths, pour avoir accès à la méthode d'Alain Connes par les nombres complexes.
Mais il y a pire que la suppression de telle ou telle partie du programme. On pourrait se consoler de la disparition des triangles isométriques en considérant les quelques ajouts : probabilité,
algorithmique, graphes... Mais justement, il ne faut pas ! C'est bien la philosophie générale de cette réforme, et avec elle de la réforme du lycée, ajournée mais point supprimée, qu'il faut
combattre. Cette philosophie, c'est celle de l'éparpillement. Les mathématiques discrètes sont certes très intéressantes, accessibles, et conduisent à de nombreuses applications, mais on pourrait
en dire autant de bien des domaines. S'agit-il de tout enseigner au lycée ? Ce serait se condamner à rester à la surface des choses, à ne jamais rien approfondir. Or c'est à partir de connaissances
suffisamment solides en analyse, en algèbre élémentaire et en géométrie, que l'on peut construire une vraie culture mathématique. Sinon, on confond le rôle de l'enseignement et celui de la
vulgarisation scientifique. Cela pose aussi le problème de la compétence des enseignants. Comment pourraient-ils transmettre des connaissances qu'ils n'ont pas, faute d'avoir été formés ? La
formation continue ne peut pas se substituer non plus pour eux au travail d'approfondissement que constitue la préparation des concours. À moins qu'on ne veuille transformer les enseignants en
simples animateurs, et que l'étape suivante des "réformes" soit la suppression des concours et leur remplacement par le BAFA ?
Par Fabien Besnard
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Publié dans : enseignement
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