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Les anti-Lumières, de Zeev Sternhell

16 Octobre 2006, 15:40pm

Publié par Fabien Besnard

J’ai souvent entendu dire sur le ton de l’évidence, que les tragédies du XXe siècle ont marqué l’échec de la Raison et de la modernité. Certains ont même voulu rendre la philosophie des Lumières responsable du fascisme, du nazisme et du stalinisme.  Je me suis toujours demandé quel raisonnement aberrant pouvait conduire à une telle conclusion alors que la négation des droits humains universels fut le dénominateur commun des régimes inspirés par ces trois doctrines et leur succédanées. Une erreur de même nature est commise par ceux, si nombreux de nos jours, qui croient pouvoir identifier toute proclamation des valeurs universelles avec une forme de colonialisme. Le livre de Zeev Sternhell, qui me semble très important, m’apporte enfin une réponse claire et précise en retraçant l’histoire de la critique des Lumières.

 

Les penseurs, philosophes et historiens étrangers qui sont étudiés dans ce livre sont parfois peu connus du grand public français, mais l’influence de leurs idées fut considérable. Principalement, il s’agit de Herder, Vico, Burke, Carlyle, Meinecke, Spengler, Croce et Berlin. Les français Taine, Renan, Barrès et Maurras nous sont plus connus. Sternhell démontre de façon convaincante, au moins pour le profane que je suis, l’existence d’une filiation entre les critiques précoces des Lumières et les penseurs nationalistes et autres idéologues racistes qui ont directement inspiré le fascisme et le nazisme. Pour résumer de façon drastique un ouvrage savant de plus 500 pages (mais qui n’en est pas moins passionnant), ceux que Sternhell surnomme les anti-Lumières attaquent d’abord les philosophes français du XVIIIe siècle,  auxquels il faut ajouter Locke et Kant, pour leur confiance dans la Raison humaine. La Raison, universellement partagée, permet la critique des traditions et des religions et rend ainsi  possible la découverte de droits naturels communs, et l’idée d’un progrès vers une société où le bonheur sur Terre soit possible. Les anti-Lumières, Herder et Burke en tête, ont tout ceci en horreur. Pour ces derniers la confiance en la Raison est une erreur : la Raison est sèche et mécanique, trop simpliste, elle ne peut distinguer la providence divine derrière le chaos apparent. Elle veut tout uniformiser et ne peut comprendre que l’accumulation de traditions diverses soit un bien. Là où elle voit de la superstition il faudrait voir la sagesse des siècles passés. Les critiques précoces des Lumières voient dans l’histoire et dans la société un organisme complexe qui échappe à toute investigation rationnelle et qu’il ne faut surtout pas chercher à réformer. Cet angle de critique est celui du traditionalisme. Burke s’efforce par exemple de démontrer que ni la glorieuse révolution anglaise ni la révolution américaine ne sont comparables à la révolution française, qui seule est abominable. Cette interprétation prévaut aujourd’hui dans les cercles néo-conservateurs : la révolution française en faisant naître l’utopie d’un monde meilleur est la source du mal qui devait plus tard prendre la forme du stalinisme et du fascisme, tandis que la révolution anglaise ne fut que l’occasion de revenir à d’anciennes traditions et l’américaine ne fut qu’une guerre d’indépendance. Extirper les idées abstraites, utopiques et universelles de l’histoire nationale est d’importance, car la seconde composante de la critique des anti-Lumières est le nationalisme. Herder tente ainsi de montrer que les différentes cultures sont incommensurables. Il se fait le chantre de la diversité culturelle, il célèbre les caractères propres à chaque peuple, qu’il admire... surtout celles du peuple allemand car tout ce qui est français porte le masque hideux de l’universalisme.

Sternhell insiste ici sur la naissance à côté de la modernité rationaliste, d’une autre modernité, relativiste et nationaliste, qui part immédiatement en guerre contre la première. La place me manque pour décrire ici comment cette autre modernité débouche rapidement non pas sur le pluralisme et la tolérance, mais sur une hiérarchie des peuples et des cultures, et comment ces idées, passant d’un auteur à l’autre, revenant en France après l’humiliation de Sedan, n’ayant jamais quitté l’Allemagne, évoluent en se radicalisant, jusqu’à l’affrontement durant la seconde guerre mondiale. Enfin, et c’est sûrement la partie la plus passionnante de l’ouvrage, Sternhell montre que pendant la guerre froide, on observe un retour au relativisme Herdérien, qui irriguera via Isaiah Berlin toute une partie de l’intelligentsia de l’après-guerre. On comprend alors que le post-modernisme ne fait que reprendre le flambeau de cette autre modernité dont Sternhell a dressé le portrait, et qui est souvent anti-scientifique. J’en veux pour preuve ces quelques lignes citées par Sternhell où Berlin reprend un auteur anti-rationaliste allemand du XVIIIe siècle. Elles sont très éloquentes sur le ressort psychologique du rejet de la science et du rationalisme :

« toutes les tentatives de généralisation entraînent la création d’abstractions anonymes. Comme Burke quelques années plus tard, il pense qu’appliquer des normes scientifiques aux êtres humains conduit à une vision erronée et finalement profondément avilissante de ce qu’ils sont.» 

Le livre de Sternhell permet aussi de comprendre pourquoi une certaine gauche communautariste se retrouve idéologiquement plus proche de la droite néo-conservatrice que de la gauche républicaine : c’est parce qu’on a fait de Herder le découvreur de la diversité des cultures, alors que cette idée était aussi présente chez Montesquieu et Voltaire, mais avec une différence de taille, et je cite ici Sternhell :

 « Cependant, si les hommes des Lumières avaient ce sens du pluralisme des cultures, ils préservaient l’unité du genre humain. Les hommes devaient être saisis dans leur contexte historique, mais l’humanité était une, l’homme un individu rationnel et ses faiblesses un produit de l’environnement et non pas de sa nature. Ce n’est pas dans la seconde moitié du XXe siècle que l’on a inventé l’idée selon laquelle il n’existe pas de hiérarchie entre les sociétés, et que l’Européen n’a pas de raison valable de se considérer comme supérieur aux autres habitants de la planète. Le XVIIIe siècle français connaît l’existence d’individualités culturelles distinctes, mais un Voltaire et un Montesquieu pensent qu’une hiérarchie existe, et que cette hiérarchie est une hiérarchie de valeurs : une société où sévit l’absolutisme est inférieure à une société où est assurée la liberté individuelle. Un Rousseau et un Helvétius voient dans une inégalité démesurée de fortunes un mal auquel il convient de remédier, et non pas un état social parmi d’autres. »

En faisant des penseurs des Lumières des représentants de l’impérialisme culturel occidental (impérialisme français à l’époque), et de Herder un défenseur des peuples opprimés, une certaine gauche s’est ainsi curieusement retrouvée du côté de ceux (Herder, Burke) qui ont défendu ou au moins justifié l’esclavage, contre ceux qui ont inspiré son abolition ainsi que le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

 

J’espère vous avoir donné envie de lire ce livre, qui montre bien l’importance et le retentissement immense que peuvent avoir des idées. Plus que jamais le combat des Lumières et des anti-Lumières se poursuit. Je cite Sternhell :

 « L’antirationalisme, le relativisme et le communautarisme nationaliste, ces trois piliers immuables de la guerre aux Lumières et aux principes de 89, remplissent toujours la même fonction : ils mènent campagne contre l’humanisme, les valeurs universelles tant moquées et finalement la démocratie. »

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didier 22/02/2010 21:23


oui, comme un chat noir et pas seulement : comme des gens à qui on a volé jusqu'au nom d'Israël.
Le Christiannisme bien sûr doit énormément à la religion juive mais aussi les Lumières me semble-t'il car ce sont les Juifs qui ont inauguré la pensée Universelle. Mais à la différence de la
France, qui est la grande matérialisatrice des Lumières avec la Révolution, le rôle du peuple juif est clairement borné : ils sont unis par la mission de contracter une Alliance entre D... et les
hommes. Cette borne est stricte si bien que le principe universel n'est en rien contradictoire avec le principe tribale. Il me semble qu'en ce qui concerne la France, une telle borne n'existe pas
et je note que la France est bien plus ambigüe quant à se définir vis à vis de la proposition universelle. Ainsi : au nom de la formation d'une nation elle écrasa les régionalismes, elle interdit
aux juifs d'être un peuple, et elle commit de nombreuses entorses très graves et répétés au principe de la Déclaration des Droits de l'Homme : le colonianisme, les conquêtes Napoléoniennes, les
guerre en Europe, l'esclavagisme, les pogroms, les guerres contre les nationalismes régionaux, les acointances avec les fascismes : nazis, rouges, puis verts, des vraisemblables participations aux
génocides des Croates, puis des tutsis, idem semble-t'il à Madagascar, et j'en oublie.
Quel est le rôle théorique de la France vis à vis des Droits de l'Homme ?
Le principe sur lesquels repose l'identité nationale découlent de la Révolution, du principe républicain et de la Déclaration Universelle des droits de l'Homme. Mais comment se définit-elle
relativement à cette déclaration? Elle se doit de se définir en relation à la Déclaration étant donné qu'en son nom, au nom de sa république, une déclaration a été édictée pour tous les Hommes.
Quel rôle la République française s'arroge-t'elle?

A mon avis (inculte, je l'admets), la France ne se définit tout simplement pas ou mal vis à vis du principe d'universalité qu'elle émit pourtant. C'est pourquoi on trouve de façon récurrente la
contradiction entre une arrogance sur le plan internationale et une réal-politique dont je me demande parfois si elle est réellement de la réal-politique ou plutôt l'expession d'une perversion liée
à l'ambigûité de sa nature.
Mais pourquoi se définit-elle si peu en tant que nation relativement à cet acte fort qu'est l'érection d'un principe universel?
A contrario, pourquoi les Juifs le peuvent? Pourquoi les monothéÏstes aussi le peuvent? Les chrétiens ne sont pas une nation, ils sont une communauté religieuse sans être un peuple. Idem pour les
musulmans.
A mon sens, la raison principale est que le principe d'une nation est par essence mystérieux. On trouve à son origine : des fables, des rêves... tandis que les Lumières et la révolution sont amies
des sciences et ennemies des mystères. D'où une incapacité à intégrer avec sagesse les velléités mythologiques, déléguées aux religions qu'abrite la France. Aussi, l'identité de la France est avant
tout la laïcité, soit l'abandon de la mythologie nationale au profit des mythologies religieuses. Reste un événement, la Révolution, avec quelques symbols suffisemment glorieux pour qu'on s'y
réfère : la prise de la Bastille (c'est mieux que la décapitation du roi mais c'est sanglant). Regardez aux Etats-Unis : ils n'ont pas cette dissociation entre le mythique et le scientifique comme
principe nationale et que font-ils? Ils errigent au rang de fête nationale Thank's giving alors que les indiens qui ont sauvé les Mayflower ont été spoliés et trahis à peine une génération plus
tard. Et pourtant Thank's giving reste une fête du partage, de la communion des habitants, quelque chose de positif. La prise de la Bastille, comme la Marseillaise sont au contraire relatifs à la
guerre qui témoignent de l'incapacité de la France à générer du mythe en vertu du principe scientifique. Mon exemple est peut-être un peu bidon mais intuitivement il me paraît sain d'introduire du
mystère dans l'identité nationale. Cela permet de s'arranger en bonne intelligence avec les incohérences qui sont inhérentes à tout peuple (changements de régimes, de religion, de dynastie, de
moeurs, de valeurs, héros d'hier qu'on jugerait sévèrement aujourd'hui...)

Pour revenir sur mon propos initial, le chat noir qui retrombe sur ses pattes, euh non : Les Lumières me semblent devoir au Judaïsme mais ne le voient pas de cet oeil : pour tout remerciement : la
négation du Judaïsme comme peuple, soit un refus de considérer la nature du judaïsme d'être un peuple pour un principe d'universalité. Grossissement à la loupe : au moment où en Europe on érige une
fois encore (après le christiannisme) un principe universel, on éteint le principe de l'érection par le peuple qui le premier a décidé de l'ériger. Et du même coup, on a volatilisé le principe
d'érectabilité de ce principe par un peuple, puisque la France ne s'est pas octroyé le rôle qu'elle a pourtant joué. David Copperfield : regardez, regardez, ce que je fais, regardez ce que je fais
HOP!! ya plus, c'est plus là! Vous le voulez? ya plus, c'est plus là)
Voilà le tour de passe passe auquel les Juifs de France ont cru si longtemps, voilà la subtilisation du judaïsme par une France qui ne brandit pas son rapt et qui pour le cacher s'engloutit elle
même au prix d'une maladie dont trois cents ans après elle souffre au plus haut point.


Arbiter Elegantiarum,  concernant la modération de vos propos, j'espère que vous réalisez qu'il y a des sépharades raffinés et que vous savez peser l'injustice de votre verve voltairienne.
Allé, un petit mea culpa et trois pater nosters ne peuvent vous faire que du bien!


Arbiter-Elegantiarum 22/02/2010 13:25


Je trouve aussi, Didier, mais je tiens avant tout à assurer la survie de ce joli thread. Du reste, j'ai dit le gros de ce que j'avais à dire. Le reste serait une illustration de mon point. Ce que
je peux noter c'est qu'à l'époque des pogroms en Russie - J'accepte la question qui s'impose : quelle époque ne fut pas le temps bienheureux d'un petit pogrom ? - alors que les bambins jouaient,
une fois de plus, à balancer une brique dans la vitrine du "next-door kike" (les sacripans !), CHAGALL atteignait l'aboutissement de son "néofauvisme". On peut penser ce qu'on veut de la peinture
de CHAGALL. En ce qui me concerne, je déteste. Mais je m'intéresse ici au rayonnement international : Ce sont ses toiles que l'on va aujourd'hui contempler dans les musées. Pas les pamphlets
anti-russes de ceux qu'on venait taquiner dans leurs maisons. Les juifs n'ont gagné par le pathos, et Dieu sait qu'ils s'en sont pris dans la gueule, au fil des siècles. Mais la triste vérité du
monde est insouciante. Jusqu'à il y a peu, et ce nouvel héritage de la culpabilité dont on pénètre nos chères petites têtes blondes à coups de maillet, le fait d'emmerder un juif n'a jamais été
perçu comme un acte grave. De fait, ce sont les nazis et les russes qui ont tout salopé, tout mélangé. L'antisémitisme vieille France était plutôt bon enfant : on leur crachait à la gueule, et ma
foi si on pouvait leur nuire un peu, c'était toujours ça de pris, mais ils avaient leur place en France, au même titre que les cancrelats et la trisomie. J'irai plus loin : le potentiel comique du
juif en souffrance était un facteur de cohésion pour cette nation magnanime, qui ne connaissait pas la haine, brave mère aimante. Elle mettait une baffe à ses enfants quand ils piquaient du
chocolat pour mieux les embrasser quand ils ramenaient un dix en composition. La France a toujours été très fière de ses juifs (bien qu'elle n'ait paradoxalement pas su abriter les meilleurs), et
si Voltaire et les péons de son époque étaient, en un sens antisémites, je pense qu'il ne faut y voir que l'air du temps d'alors. On était antisémite comme on était raciste et machiste. Cela
n'empêchait pas de recevoir le Negus en grande pompe quand il passait, de s'arracher George SAND ou de glorifier MONTAIGNE (au-delà, sans doute, de ce qu'il méritait). Je vois dans le rapport au
juif de l'époque une tradition médiévale, pour ainsi dire presque superstitieuse, et je pense qu'on les "détestait" à peu près comme on détestait un chat noir sur la route.

Arbiter-Elegantiarum


didier 22/02/2010 10:19


personnellement, je n'ai aucune intention de modérer mon commentaire parce que je trouve le commentaire de A.E. amusant : c'est la première fois que j'entends exprimer un antisionnisme au nom de la
créativité intellectuelle liée à l'assimilationnisme. C'est une théorie sadique mais intéressante.

Toujours est-il que je pense que l'enjeu pour l'antisionniste notoire Zeev Sternhell (il écrit au Haaretz journal) est de maquiller le fait que l'assimilationnisme ('Juifs, régions...) est la
négation d'un peuple dès lors qu'il n'a pas de lieu d'existence en dehors de la France. Ce, en posant "filiation entre les critiques précoces des Lumières et les
penseurs nationalistes et autres idéologues racistes qui ont directement inspiré le fascisme et le nazisme"

Trois étapes donc : la première :la volonté d'en découdre avec le sionnisme sur le plan intellectuel.
La deuxième : la découverte de connections idéologiques par déviations entre une saine critique des Lumières et le fascisme (démonstration qui pourait être faite à contrario en montrant que les
Lumières ont induit les utopies et le fascisme)
la troisième : le dérapage contrôlé (mais quel frimeur!) : critiquer l'assimilationnisme, c'est être anti-démocrate et anti-humaniste. (il nous éclabousse d'une vieille neige pourrie et se prend
pour le champion du monde)

Belle démonstration, M. Sternhell ! Mais elle ne peut que servir des convaincus, les autres y verront des déblatérations destinées à étoffer le col des antisionnistes.
PS : Vive la Bretagne!
PS2 : revenez Arbiter Elegantiarum, on s'amuse bien!


Arbiter-Elegantiarum 20/02/2010 13:40


Fabien, j'accepte de ne plus intervenir dans ce fil après ce dernier commentaire, pour le salut de ce blog que j'adore et de ce thread en particulier qui a le mérite de poser carrément plusieurs
pistes de réflexion rares : l'éternel combat entre la "Kultur und Zivilization" (c'est à dire entre l'hégémonie française en Europe, et la résistance des cultures folks locales, en particulier les
cultures germaines et nordiques), le problème évident que pose le sionisme pour les juifs eux-mêmes qui vivent de l'exportation de leur talent et de l'assimilation de leurs génies depuis plusieurs
siècles, et, plus anecdotique, de ce Voltaire ambigu qui vivait de ses négriers en prêchant l'universalité du droit humain. Je me retire donc de la discussion pour mieux la sauver. Qu'on sache
néanmoins que je ne suis tombé dans le piège de la provocation à aucun moment, et que, surtout depuis mes derniers voyages en Israel, je pense très sincèrement tout ce que j'ai pu écrire plus haut,
et bien d'autres choses que la bienséance me font garder pour moi.

Bien à vous, Fabien,

Arbiter Elegantiarum


Fabien Besnard 18/02/2010 09:26


AE, je vous prie de bien vouloir modérer vos propos, sans quoi je clos ce fil.

Je suis sûr que vous pouvez développer votre pensée sans outrance ni provocation.

J'invite également vos éventuels contradicteurs à ne pas se livrer à la surenchère verbale.