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Comparaison des sujets de Physique au Bac

20 Mars 2007, 09:27am

Publié par Fabien Besnard

On trouve sur le site de Sauver les Lettres l'analyse fort pertinente d'un professeur de Physique de l'évolution des énoncés de Bac dans cette discipline depuis 1990. Il y est montré de manière très claire que toute exigence de réflexion a été abandonnée au profit du pavlovisme le plus extrême. Ceci se retrouve également en mathématiques. Je crois que cet aspect des choses est très important : on insiste souvent sur la diminution (réelle) de la quantité de choses que l'on apprend aux élèves du secondaire, mais la diminution qualitative est au moins aussi grande, et je crois que ses conséquences sont bien plus néfastes et plus durables. Il est piquant de constater que les apôtres du "savoir moins pour savoir mieux" ont conduit à une situation où des élèves aux têtes mal faites et bien vides savent à la fois moins et plus mal. La raison en est connue : en présentant des situations stéréotypées aux élèves, on s'assure que ceux qui font un minimum d'effort d'apprentissage par coeur (ou de remplissage de mémoire de calculatrice) s'en sortiront. Je veux dire "s'en sortiront le jour du bac", car ce qui leur arrive après n'intéresse pas les réformateurs du secondaire. C'est ainsi qu'on peut constater dans le supérieur les ravages d'une telle méthode de travail "presse-bouton", acquise pendant des années de Lycée et de Collège. Les étudiants, moins que jamais habitués à réfléchir par eux-mêmes et à s'adapter à des situations nouvelles, s'y retrouvent souvent en grande difficulté. Mettons-nous à leur place : n'y a-t-il pas de quoi se sentir trahi par le système ?

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Fabien Besnard 11/10/2007 17:30

Bonjour Christophe, et merci pour votre commentaire.
Je pense que votre parcours est caractéristique des élèves doués à qui "on ne donne pas assez à manger" dans l'éduc nat. Certains peuvent compenser cette famine intellectuelle grâce à leur milieu, ce sont ceux qui arrivent et réussissent en prépa, pour la plupart.
Concernant les profs, je vais me permettre de faire un peu de corporatisme. Bien sûr, comme dans tous les métiers, il y en a de bons et de mauvais. C'est même un peu plus compliqué car certains qui sont mauvais face à une classe donnée peuvent être bon dans une autre situation. Mais tout de même, les concours de recrutement, CAPES et Agrég, sont on ne peut plus sérieux. Ils assurent un recrutement de qualité, même si des pressions existent pour que la "pédagogie" ait plus de poids au concours, au détriment de la connaissance disciplinaire, et même carrément pour supprimer l'agrég (fief de l'élitisme...). Néanmoins, pour l'instant, ces pressions ont eu des effets limités. Je crains malheureusement le moment où des voix européennes expliqueront que les concours nationaux anonymes sont une spécifité française et par conséquent doivent mourir. Il faudra alors se battre, mais les enseignants y sont habitués...

Christophe Halgand 09/10/2007 09:29

Bonjour à tous,En seconde, j'avais 9/20 de moyenne sans trop travailler puis j'ai suivis une formation en STI génie électrotechnique où là j'ai obtenu un 13/20 de moyenne générale jusqu'au bac juste en écoutant en cours. Du coup je me suis planté en prépa TSI... Ma méthode de travaille n'allait plus du tout avec la demande de travail... Je suis parti en IUT puis Licence3 puis Master1 et Master2, Aujourd'hui je suis en première année de thèse en Neuroscience et Robotique, j'en suis fier mais la facilité que j'ai eu à y arriver est déconcertante... Il faut vraiment faire quelque chose... Continuer à vous battre... Je tiens quand même à dire que je connais beaucoup de profs qui le sont devenus car ils ne savaient pas quoi faire après la licence3... Je doute sérieusement de leur capacité. Je pense qu'aujourd'hui le recrutement des profs est beaucoup trop léger de même que pour le niveau demandé aux élèves... Bonne continuation

Fabien Besnard 20/06/2007 09:48

Bonjour mc,
je ne sais pas ce qu'il en est en physique, mais, d'après ce qu'on m'a dit, en maths le programme de STI est assez large, ce qu'on a tendance à oublier lorsqu'on oriente certains élèves vers ces sections. Du coup il y a un gouffre entre les exigences théoriques du programme et ce que les élèves savent réellement faire.

mc 19/06/2007 18:01

bonjour,
je corrige des copies de physique de bac sti génie électrotechnique depuis 10 ans et ce que vous dites est vrai, sauf que nous (académie limoges) on refait le barème donné avec les copies en privilégiant la réflexion sur la manipulation de formules sorties de la calculatrice .A coeff 7, on note sur 140 , puis on divise par 7. Conséquence: comme les notes étaient trop mauvaises (5/20 en 1999), le programme est devenu "light" en 2002 et les sujets, maintenant, vérifient des connaissances de bases mais on est loin du travail du futur étudiant ...

Jean-Marc Alcaïno 14/04/2007 00:21

Malheureusement nos chers "politiques" n'ont qu'une idée en tête : faire de nos enfants de jolis petits moutons ignares pour mieux les diriger ! L'obscurantisme et les grandes peurs sont de retour et même S...y dit qu'il vaut mieux se réfugier dans la religion plutôt que dans la connaissance... Edifiant ! Faisons de la chair à produire qui ne pourra jamais réfléchir, gavons toute cette jeunesse de StarAc et de football (du pain et des jeux !), de consommation et de futilités... faisons retourner à l'état de serfs toute ces jeunes sans leur laisser le moindre espoir de libre arbitre ! Voilà ce que vous avez devant les yeux, vous professeurs de tout bord ! A vous de leur donner le maximum quand même, au grand dam de ces soit-disants programmes de l'Education Nationale... Le combat semble déjà perdu, mais qui sait il y a peut être encore un espoir si on se bat tous ensemble ... Un parent d'élève...