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Ces parasites de l'open access

5 Octobre 2013, 09:44am

Publié par Fabien Besnard

Vous n'avez sûrement pas besoin de moi pour connaître l'info, car elle fait la une du magazine Science, mais au cas où voici de quoi il s'agit : un de leur correspondant, John Bohannon, a envoyé un article bidon, en partie généré par ordinateur,  truffé d'erreurs grotesques, et dont ni l'auteur ni le labo d'origine n'existent à 304 revues en "golden open access" (ça veut dire que l'auteur doit payer pour publier).

 

Résultat :sur les 255 qui avaient terminé le procédé de "peer review" (qui était inexistant dans 60% des cas), 157 l'ont accepté, 98 rejeté.

 

Si vous voulez vous marrer, il y a même la correspondance complète que les journaux ciblés ont entretenu avec les auteurs imaginaires.

 

Certes l'expérience concerne le domaine de la médecine, mais je suis certain que si on la faisait avec toutes les revues au noms ronflants qui envahissent ma boîte mail en m'invitant à soumettre un article dans les domaines les plus divers, le résultat serait le même.

 

Le plus triste dans l'histoire c'est que certains journaux semblent faire leur travail correctement. Or il est clair que quand un système est infecté à ce niveau il n'y a plus aucune confiance possible, ce qui est le cas depuis longtemps avec le golden open access.

 

Si vous n'avez pas accès à l'article original de science, il est bien résumé sur le blog de Sylvestre Huet.

 

Autre lien intéressant dans le même ordre d'idée, le blog retractation watch, qui tient à jour une liste d'auteurs dont les papiers ont été retirés. Une sorte de thermomètre des comportements frauduleux en science. Là aussi cela concerne surtout la médecine et la biologie, les auteurs étant médecins. Mais il y a quand même une section sur les sciences physiques (où, sans surprise, c'est la chimie qui est la mieux représentée).

 

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Fabien 27/10/2013 10:42


Pour avoir une idée de ce seuil, il faudrait peut-être essayer le même genre de canular, mais envoyé à de "grandes revues" (classées par impact factor). Je serais curieux de voir le résultat...


Idée d'amélioration : que les referees ne soient plus anonymes, et que leurs commentaires soient accessibles. 

Philippe 27/10/2013 01:25


Bonjour, c'est une nouvelle intéressante, qui met en lumière comme vous le dites l'infection du système de publication dans les revues. Si on pouvait estimer sur un très grand nombre de
contributions une valeur seuil de contributions "bidon" au dessous de laquelle la revue n'est plus de confiance (à rapporter -ou non- au total des contributions), on pourrait peut-être faire
autre chose que s'indigner continuellement de cet état du système. Je voudrais savoir s'il est possible de trouver cette valeur seuil (statistique ou arbitraire ?) et à quoi est-elle due selon
vous. Je pense en tout cas que cette initiative est fort bénéfique pour la communauté, fait plus de bien que de mal et fait partie des rares occasions où la médiatisation va dans le bon sens. (le
nôtre )


Ce système ne semble pas en accord avec les contraintes imposées aux chercheurs (quantité > qualité, cf vos anciens billets) : auriez-vous des idées d'amélioration ? (faire en sorte qu'un
individu utilisant ce système ait le plus de chance d'obtenir l'information qu'il cherche ou que les résultats accessibles aient la meilleure qualité possible etc.). Je veux dire, par un moyen
autre que l'argent (pour publier) ou les pairs pour justifier de la qualité d'une contribution.