Samedi 5 avril 2008

J'ai entendu hier David Douillet expliquer que les athlètes français allaient porter, en signe de leur attachement au droits de l'homme, un badge figurant... les anneaux olympiques. Outre qu'on voit mal le lien entre les valeurs de l'olympisme, dont on nous rebat les oreilles ces temps-ci, et les droits de l'homme (faut-il rappeler les opinions politiques de Pierre de Coubertin ?), on se demande si ce message n'est pas un peu trop explicite... En tout cas, ça m'a rappelé ce passage savoureux issu du "Confort intellectuel", de Marcel Aymé (et inspiré de faits réels, si on en croit l'auteur).

Etant en zone sud en 1943, je me trouvai en contact avec un cénacle de poètes qui publiaient leurs vers dans une revue locale. L'un d'eux, farouchement antinazi, publiait au grand jour des poèmes vengeurs dans lesquels il disait cruellement son fait à l'oppresseur, mais il le disait dans une forme si rare et si personnelle que l'ennemi le plus prévenu n'y pouvait rien surprendre. De temps en temps, le poète réunissait ses amis chez lui et tandis qu'il leur lisait ses derniers écrits, chacun se récriait sur sa témérité. "Vous verrez, disait sa femme avec une fierté douloureuse, mon mari sera fusillé." Assistant un jour à l'une de ces séances et comme le poète reprenait haleine, j'osai dire que rien, dans les vers que je venais d'entendre, ne me paraissait de nature à éveiller la susceptibilité de l'ennemi. Il y eut un froid dans l'assemblée. Aux regards hostiles et soupçonneux qui m'enveloppèrent, je sentis qu'en insistant le moindrement, j'allais passer pour un maréchaliste et peut-être pire. Enfin, le poète reprit sa lecture. Ses vers m'ont paru, à certains égards, tellement remarquables que j'en ai pris copie. Voici les derniers :

         Roche desprise il se surlève du guidon
         trois degrés mourant sur vos échines haut et bas
         arc-en-ciel divisé la plaine est pleine et coule
                                                la rivière crescendo
         le bruit blanc le chant allons au pré
         doux équilacérés la flamme torte fuligine
                                        la retombée coucou.

Un cri sauvage accueillit le point final. Les yeux pleins de larmes, la femme du poète se tordait les mains.
"Non, chéri, tu ne publieras pas ça ! C'est trop direct, c'est trop cru ! Ce serait un suicide !
- Si ! répliqua le poète qui était très pâle. Je le publierai.
-Voyons, mais tu ne te rends pas compte que c'est d'une brutalité inouïe ! Je vous en prie, vous tous, dites-lui d'être raisonnable !
-Allons, mon vieux, dirent les amis. Allons, mon cher, un peu de sagesse. Tu as une femme, des enfants, etc.
-Je le publierai."
Le poète serrait les dents, fièrement résolu. Chacun entreprit de lui démontrer sa folie téméraire en reprenant le poème mot à mot. "Au moins, sanglotait l'épouse, enlève
  '
arc-en-ciel divisé' et enlève 'coucou'."  Pour me racheter aux yeux de l'assemblée, je voulus être du sauvetage et je dis à mon tour :
"Guidon me paraît également très risqué. En somme, guidon est la traduction du mot "fuhrer".
-Monsieur, vous vous méprenez, répliqua fraîchement le poète. Mon poème n'est pas un mot-croisé."

Finalement, je l'ai su plus tard, le poème a été publié tel quel. L'auteur n'a été ni fusillé, ni emprisonné. Il a certainement pensé que les Allemands étaient bien bêtes et il doit encore en faire des gorges chaudes. Car notre homme était sincère, comme l'étaient sa femme et les autres personnes présentes. Et c'est une chose terrible à penser que tous ces gens-là croyaient se comprendre.

par Fabien Besnard publié dans : Politique
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Dimanche 24 février 2008

Certains semblent aujourd'hui surpris des prises de position et des annonces tous azimuts de notre président. A cet égard, il est instructif de se tourner vers le passé. Si je regarde ce que j'ai écrit ici et , je  constate que la déferlante de propositions remettant en cause les principes républicains à laquelle nous assistons actuellement est dans la continuité de la campagne présidentielle. Il est vrai que pendant cette campagne, Nicolas Sarkozy a fait jouer à plein l'effet Barnum, ce qui est sans aucun doute un facteur d'explication des déceptions actuelles. Néanmoins je persiste à penser qu'on peut déceler une certaine continuité dans le discours et surtout dans les actes de l'ancien ministre de l'intérieur aujourd'hui devenu président, notamment sur les questions de laïcité ou ayant rapport aux sectes.

Ce blog ayant pour ambition de promouvoir la pensée scientifique et le rationalisme critique, il me semble particulièrement important de m'attarder sur le cas de la scientologie. Aujourd'hui il semble qu'on se demande en haut lieu si cette dernière est bien une secte.
Dans cet extrait d'une émission de Canal +, Nicolas Sarkozy affirme n'avoir pas d'avis tranché sur la question, et reconnaît avoir "réorienté" les investigations des RG vers d'autres sujets que la surveillance des sectes. On entend dire, de plus en plus souvent, que la sciento serait une organisation religieuse qui aurait connu certaines dérives sectaires, sans plus. Autant comparer Cosa Nostra avec une organisation de défense des valeurs familiales qui aurait de temps en temps des dérives criminelles ! Qu'on en juge.

Voici tout d'abord un résumé trouvé sur
le site de l'UNADFI de la doctrine scientologique.

" Selon la scientologie, l’esprit humain ne fonctionne pas à pleine capacité (état de pré-clair), son activité est parasitée par des engrammes qui faussent le jugement et la vision de la réalité. Il faut les éliminer afin de devenir « clair ». Pour y parvenir il faut suivre toute une procédure. D’abord passer un test de personnalité censé définir les traits de la personnalité à améliorer ; puis faire une cure de purification comprenant course à pied, sauna intensif (4 heures par jour), absorption massive de vitamines (niacine), afin d’évacuer les toxines (médicaments, drogues…) de son corps. Puis enfin, suivre des cours spécifiques et des séances d’auditions durant lesquels l’adepte revit les moments douloureux de son existence puis de ses vies antérieures, pour s’en détacher. Les cours, les séances d’audition et le matériel coûtent cher. Afin de financer ces activités, l’adepte travaillera bénévolement pour la scientologie notamment en donnant lui-même des auditions à d’autres adeptes.

Une fois atteint l’état de clair, il entame le « Pont vers la Liberté Totale » afin de devenir un « Thétan Opérant » c’est-à-dire un être immortel et indépendant de son corps physique. Continuant les auditions, il passe le mur du feu (OT3) qui lui permet de découvrir qu’il est habité par des entités extra-terrestres (Body Thétan) dont il doit se délivrer en leur parlant par télépathie.

Lors des auditions, l’adepte révèle des détails intimes de sa vie, qui sont consignés dans un rapport. En cas de doute sur la loyauté de l’adepte, sur sa volonté à propager la scientologie, il est déclaré PTS (source potentielle de trouble) et soumis à un système punitif (restriction de sommeil, mise en quarantaine…) et à une vérification de sécurité. Dans certains cas, l’adepte peut être déclaré suppressif, c’est-à-dire un danger pour l’organisation, et envoyé dans un centre de réhabilitation (RPF)."

Le matériel coûte cher, en effet. On peut lire dans le
rapport parlementaire "Les sectes et l'argent" que "La Scientologie est certainement le meilleur exemple de secte qui a bâti sa fortune sur la vente. Cette organisation n'est qu'une machine à produire de l'argent et tout scientologue est avant tout un vendeur, comme le montrent, on l'a vu, les écrits de Ron Hubbard et les techniques commerciales enseignées aux adeptes. ". Considérons à titre d'exemple l'électromètre. Cet appareil, une sorte de ohmètre, dont un expert judiciaire a estimé le coût maximum à 5000 francs de l'époque peut être vendu jusqu'à 8 fois plus cher selon ce site. Certes, il s'agit là d'escroquerie, pas de suicide collectif comme dans le cas de la secte du temple solaire, et c'est un argument qu'on entend ces temps-ci. Pourtant certains adeptes ont été totalement ruinés par leur passage dans la secte, et il me semble que protéger les citoyens des escroqueries fait partie du rôle de l'Etat, et qu'une organisation dont les élucubrations new-age ne serviraient qu'à exploiter financièrement la crédulité et la faiblesse mériterait d'être dissoute. L'interdiction pure et simple de la sciento a d'ailleurs été envisagée en Allemagne.


La scientologie est classée comme secte, selon des critères bien précis, dans les différents rapports de l'Assemblée Nationale sur la question (
en voici un exemplaire). Ces rapports, fruits du travail remarquable de parlementaires de tout bords, doivent-ils être jetés au feu aujourd'hui sous prétexte que notre président a décidé qu'il fallait "réorienter" les choses ?

Outre les parlementaires, la justice s'est également prononcée à de nombreuses reprises sur cette organisation. Sur
ce site, des dizaines d'affaires sont recensées (voir également ici et ). Une thèse de droit pénal a même été soutenue sur le sujet. Extrait du résumé :

La secte nocive peut être juridiquement définie comme une personne morale à but philosophique, spirituel ou religieux dont les organes ou représentants commettent, pour son compte, des infractions pénales en tant qu'auteurs ou complices. La dangerosité de ce groupement est encore accrue lorsque la gravité de ces infractions augmente au fur et à mesure que l'adepte progresse dans le corpus spirituel de la secte.

Les organisations françaises se réclamant de l'Eglise de Scientologie, obéissant strictement aux directives internes de son fondateur L. Ron Hubbard, sont le théâtre de tels faits répréhensibles.

Cette thèse a obtenue les félicitations du jury.

Ce sujet mériterait bien d'autres développement, mais je n'ai pas de temps pour cela. J'invite mes lecteurs à visiter les sites mis en lien plus haut, ils valent vraiment le détour. J'en donne deux autres pour terminer, l'appel de Marianne, et l'appel laïque. A force ça va peut-être servir à quelque chose de pétionner, même si je crois que seule une manifestation monstre comme la France en a déjà connue sur ce sujet pourraît s'avérer efficace.
par Fabien Besnard publié dans : Politique
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Lundi 18 juin 2007

Et en plus ils sont contents : c’est mieux que si c’était pire... Je parle des socialistes bien sûr, et de leur fabuleuse mi-défaite. Pour la première fois de ma vie je ne suis pas allé voter hier. J’aurais bien voté blanc mais les votes blancs ne sont pas comptabilisés, alors à quoi bon ? En tout cas il était hors de question pour moi d’apporter mon soutien à un parti moribond, paralysé par la question Européenne, qui détermine presque toutes les autres, et qui divise tant les socialistes qu’ils ne peuvent plus rien proposer d’intelligible. La seule chose qui les a rassemblé dans cette campagne est l’opposition frontale à la TVA sociale, mesure dont j’ai entendu parler pour la première fois grâce à une... militante socialiste, et dont j’ai déjà dit que j’en pensais du bien. Cette opposition systématique, irréfléchie, à caractère purement électoraliste et essayant de jouer sur la peur des citoyens n’augure rien de bon pour la suite. Il est grand temps que ce parti là meurt pour que la gauche renaisse, une gauche aux idéaux républicains revivifiés, et que les plus libéraux et euro-ravis des socialistes rejoignent le Modem, où ils pourront faire de la politique de façon intellectuellement honnête, en accord avec leurs idées profondes. Quitte à ce que les deux partis, le futur parti de gauche républicaine que j’appelle de mes voeux, et le Modem, se rejoignent ponctuellement sur certaines questions, notamment institutionnelles. Car le comportement, souvent déplorable, de notre personnel politique est conditionné par les institutions, et donc primitivement par la Constitution, qu’il convient d’améliorer.

par Fabien Besnard publié dans : Politique
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Vendredi 18 mai 2007
Morin, Besson, Kouchner, tous les trois ont été très brillants cette année. Qui va remporter la traître-academy 2007 ? Morin a rallié Sarkozy entre les deux tours, sapant les bases de la stratégie de Bayrou dont il était censé être le lieutenant. Une belle trahison dans un beau style classique, mais rien de bien surprenant pour un centriste. Besson, passant avec armes et bagages à l'ennemi dont il avait dressé le portrait au vitriol alors qu'il était encore supposément socialiste, c'est assez épatant. Du jamais vu à ce niveau. La barre est décidemment très haute. Sauf que personnellement je vote pour Kouchner. Retourner sa veste le soir du second tour, quasiment en direct, c'est magnifique. Difficile à battre. A lui donc le grand prix, remis des mains mêmes de Nicolas S. vainqueur de la traître academy 1995  : s'asseoir à droite de Christine Boutin au prochain conseil des ministres.

Comment a t-on pu en arriver là ? Assister au triomphe du cynisme politique le plus écoeurant ? Il n'y a pas de raison que l'être humain soit moins vertueux aujourd'hui qu'hier. Si on en est là c'est que le système politico-médiatique secrète et récompense ce genre de comportement. Il est donc urgent de réfléchir à des changements institutionnels (et médiatiques) et j'aurai l'occasion d'y revenir. En attendant de tels changements, il m'apparaît essentiel de récompenser dans les urnes ceux dont le comportement politique reflète un minimum d'éthique.

par Fabien Besnard publié dans : Politique
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Dimanche 13 mai 2007

Un nouveau mode de scrutin, le jugement majoritaire, a été expérimenté lors des deux tours de la dernière élection présidentielle dans trois bureaux de vote à Orsay. Voir les détails ici. Lors du premier tour, le scrutin habituel dans ce bureau classait dans l’ordre Sarkozy et Royal puis Bayrou, éliminé du second tour comme dans le reste du pays. En revanche, avec le jugement majoritaire Bayrou était élu président (du moins sur Orsay !). Dès lors que des modes de scrutin peuvent influer de façon aussi décisive sur le résultat d’un vote, et par conséquent sur la vie politique, et même l’histoire d’un pays, il semble évident que le choix de ce mode revêt une importance fondamentale. Traditionnellement dans notre pays, le choix du mode de scrutin est du domaine des politiques qui sur cette question ont une attitude simple à résumer : la fin justifie les moyens. Or il se trouve que la Science a son mot à dire sur la question. La démocratie, et en particulier le suffrage universel, pose la question du choix collectif : comment faire un émerger un choix collectif à partir des préférences particulières ? Cette question n'admet pas de réponse immédiate puisque, comme on l’a vu, différentes procédures donnent des résultats différents. Des résultats paradoxaux peuvent même se produire, comme l’a réalisé Condorcet il y a déjà plus de deux siècle. Par exemple, dans une élection majoritaire à deux tours, comme le scrutin présidentiel français, un candidat qui battrait n’importe quel autre au second tour peut être éliminé au premier. Un tel candidat est appelé candidat-Condorcet (c’est plus joli que candidat cocufié…)  Si l’on se fie aux sondages, qui après tout ne se sont pas trop trompé cette fois ci, François Bayrou était un candidat-Condorcet aux dernières élections. Un mode de scrutin qui permet l’existence de candidats-Condorcet recèle donc une incohérence interne, que rien ne saurait justifier. Un mode de scrutin réellement démocratique ne doit donc pas permettre de telles incohérences. D’autres critères sont également à prendre en compte, comme la possibilité de triche : on peut imaginer qu’un parti suscite la formation dans le cas adverse de partis sous-marins, dont le seul but soit de tromper les électeurs et morceler l’électorat des adversaires. De telles pratiques se sont déjà vues, notamment dans le monde syndical. Le scrutin majoritaire à deux tours étant très sensible à l’émiettement des voix, comme on l’a constaté en 2002, il est également sensible à ce type de tricherie. Sans parler du chantage au vote utile, qui a probablement faussé les résultats de l’élection de 2007, et de la difficile émergence de forces nouvelles.

On peut bien sûr également critiquer le jugement majoritaire. Guy Carcassonne se demande s'il aurait permis d’élire un De Gaulle ou un Churchill. Outre que cet argument n’a aucune porté puisqu’il est totalement invérifiable, on peut rappeler que De Gaulle n’a pas été élu au suffrage universel majoritaire à deux tours en 45 ni en 58, seulement en 65. On aimerait qu’un constitutionnaliste de la trempe de Guy Carcassonne ne se sente pas autorisé à répondre à des vraies questions, qui vont au fond de la question de la légitimité démocratique, par des réflexions ironiques sur le patinage artistique. Cela est malheureusement révélateur de l’état de connaissance de ce que Condorcet appelait l’arithmétique politique dans les élites françaises. Si l' on veut juger d'un mode de scrutin, ce ne peut être qu’à l’aune de critères à la fois démocratiques et exempts de contradictions. Or une fois les critères posés, ce n’est plus aux politiques mais aux scientifiques spécialistes de la question de déterminer quels sont les modes de scrutin qui y répondent. Et s’il s’avère qu’il y en a plusieurs, d’autres considérations, comme la simplicité ou la clarté pourront être utiliser pour les départager. Certains objecteront peut-être que ces dernières qualités sont si importantes, puisqu’un citoyen lambda doit être à même de comprendre le mode de scrutin et pouvoir lui faire confiance, qu’on puisse envisager une entorse aux règles logiques et démocratiques pour les satisfaire. On pourrait craindre par exemple que le jugement majoritaire rende l’élection confuse et oblige à l’utilisation de machines à voter toujours suspecte, et que cette considération l’emporte sur la justice électorale. Or il se trouve qu’un autre mode de scrutin, qui possède essentiellement les mêmes vertus que le jugement majoritaire est à la fois simple, clair, et facile à mettre en place. Il s’agit du vote par assentiment. Le principe tient en une ligne : au lieu de placer un bulletin de vote dans une enveloppe, on a le droit d’en placer plusieurs. C’est le mode de scrutin qui a ma préférence.

Il est malheureusement très peu probable que ces questions essentielles apparaissent sous peu dans le débat politique, à l’exception peut-être du débat sur la proportionnelle aux élections législatives (alors qu’il ne devrait pas y avoir de débat puisque c’est le seul scrutin juste dans ce type d’élection). Mais l’expérience d’Orsay aura au moins le mérite de révéler que le choix des Français n’est peut-être pas aussi tranché qu’on veut bien le dire et relativisera bien des affirmations péremptoires sur la bipolarité qui aurait été soi-disant plébiscitée.

par Fabien Besnard publié dans : Politique
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