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divers

L'éléphant N°9

16 Janvier 2015, 17:04pm

Publié par Fabien Besnard

Puisque ces jours-ci vous allez régulièrement chez votre marchand de journaux pour vérifier s'il a reçu Charlie, profitez-en pour acheter l'excellent Éléphant n°9, la revue de culture générale (le remède contre l'obscurantisme).

Vous y trouverez une interview de Cédric Villani. Bon, c'est vrai qu'on s'attend maintenant à trouver des interviews de Villani jusque dans la gazette de l'amicale des boulistes de Mourmelon, mais vous verrez il a des choses intéressantes à dire. Bonne lecture !

L'éléphant N°9

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Connaissez-vous Eugene Bullard ?

28 Décembre 2014, 15:20pm

Publié par Fabien Besnard

Peut-être devrais-je inaugurer une catégorie "destins hors du commun" sur ce blog, puisque après avoir évoqué Marie-Angélique il y a quelques mois, je vais vous parler d'Eugene Bullard.

Bullard est né en 1895 en Géorgie. Son père, un ancien esclave d'origine martiniquaise, lui ayant mis dans la tête qu'en France on était jugé sur son mérite et pas sur sa couleur de peau, il quitte très jeune sa famille avec la ferme intention d'aller juger sur pièce. Il arrivera en France en 1913 pour disputer un match de boxe (entre temps il est passé par l'Angleterre où il a fait du music-hall, je suis obligé de résumer tant sa vie est rocambolesque). Il décide de s'installer à Paris. En octobre 14 il s'engage dans la Légion Étrangère. Il combat en Champagne, dans la Somme, puis à Verdun où il est grièvement blessé en mars 1916. Il est cité pour bravoure et reçoit la croix de guerre, mais il ne peut plus combattre dans l'infanterie. Il décide alors d'apprendre à piloter et de continuer le combat en tant qu'aviateur ! Il participera à une vingtaine de missions pour l'armée de l'air française, au cours desquelles il aurait abattu deux avions ennemis. Lors de l'entrée en guerre des USA, l'United States Army Air Service refuse de l'incorporer en raison de sa couleur de peau.

Après la guerre Bullard devient une figure de la scène jazz parisienne. Il tient un cabaret à succès : Le grand duc, à l'angle des rues PIgalle et Fontaine. Il fait notamment la connaissance de Joséphine Baker, qui sera la marraine d'un de ses enfants, et de Louis Armstrong, qui lui fournira du travail après la seconde guerre mondiale. Il se marie en 1923 avec Marcelle Straumann, une alsacienne, dont il aura un garçon (mort en bas-âge) et deux filles. Le mariage se termine par un divorce en 1935, Marcelle ayant quitté le domicile familiale. Eugene élève donc seul ses deux filles dont il a obtenu la garde.

Début 1939, Bullard, qui parle allemand, est recruté par le 2e bureau pour fournir des renseignements sur les allemands qui fréquentent son bar. Quand la guerre éclate, Bullard s'engage à nouveau. Il est grièvement blessé en défendant Orléans. Ses filles et lui sont exfiltrés vers les États-Unis, où il mènera une vie humble jusqu'à sa mort en 1961. Dernier rebondissement de son destin déjà bien rempli : en 1949 il est sévèrement tabassé par deux policiers lors des émeutes de Peekskill, provoquées par des manifestants d'extrême-droite. Ce passage à tabac est d'ailleurs visible dans le documentaire oscarisé de 1979 Paul Robeson - Tribute to an Artist, narré par Sidney Poitier.

Un tel destin laisse sans voix et on se dit que Bullard est un héros injustement oublié. Mais ce ne serait pas exact : il est certes peu connu - je n'ai moi-même appris son existence qu'à la faveur d'une errance que seul internet et le désœuvrement permettent - mais ne fut pas oublié. Tout d'abord il a reçu 15 décorations, dont la médaille militaire et la légion d'honneur. Cette dernière lui a été remise par de Gaulle en 1959. Il a été invité par le gouvernement français à ranimer la flamme du soldat inconnu en 54. Enfin plusieurs livres, documentaires et sites internet lui ont été consacrés. Voici une petite sélection.

D'abord sa page wikipedia, puisque je m'en suis largement inspiré.

Un extrait de l'ouvrage "Paris noir, african american in the city of light", de Tyler Stovall, qui semble faire autorité sur la communauté noire américaine du Paris de l'entre-deux-guerres.

Un documentaire de Claude Ribbe, tiré d'un livre du même auteur.

Un autre livre, d'un historien américain.

Une courte vidéo, de la série "frères d'armes".

Connaissez-vous Eugene Bullard ?

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Suppression de la procédure de qualification des enseignants-chercheurs

26 Juin 2013, 11:47am

Publié par Fabien Besnard

Un amendement adopté le 21 juin par le Sénat (ou pour être plus exact, par la vingtaine de sénateurs présents, lire ici) supprime purement et simplement la procédure de qualification.


De quoi s'agit-il ? Pour pouvoir postuler sur un poste de maître de conférence, le titulaire d'un doctorat doit en outre faire valider sa candidature par le CNU. Celui-ci envoie le dossier à un (ou deux, je ne sais plus) spécialiste(s) du domaine qui examinent si elle a un niveau suffisant. (Le CNU intervient également pour les HdR et les promotions, mais je ne parlerai pas de ces questions ici.)

 

Les défenseurs de cette procédure font valoir qu'elle est une protection contre le "localisme", traduction : le copinage, et aussi contre les candidatures fantaisistes ou hors-section (un astro-physicien qui se présenterait sur un poste d'informatique, par exemple).

 

Ses adversaires avancent que c'est une procédure lourde (il faut mobiliser des dizaines d'EC pendant plusieurs jours) et redondante (le niveau des candidats a déjà été évalué lors de l'obtention du doctorat, et l'adéquation au poste le sera par les commissions de spécialistes lors du recrutement).

 

En théorie, il semble parfaitement justifié de dire que la simple obtention du doctorat est en soi une preuve suffisante du niveau d'un candidat. Malheureusement cela n'est que trop faux, j'ai déjà expliqué ailleurs pourquoi (voir le paragraphe "s'ils sont arrivés jusque là c'est qu'ils ont le niveau"). Je résume pour ceux qui n'ont pas le temps d'aller voir le lien : Bogdanov.

 

Il est également juste de craindre que sans procédure nationale, les coteries locales deviennent prépondérantes. Cependant je ne vois pas en quoi la procédure de qualification soit un frein à cette dérive : entre deux candidats qualifiés, et ce n'est pas très difficile de l'être, celui qui a le plus d'entregent part de toute façon avec un avantage.

 

Bref, il y a un vrai problème, mais il serait illusoire de penser le régler avec une de ces procédures bureaucratiques dont la France a le secret  (à ce propos, voir le de vue du mathématicien Michael Harris).

 

Alors que faire ? Le seul système qui me paraisse équitable est celui d'un concours écrit national et anonyme. Cependant deux problèmes surgissent immédiatement : 1) comment organiser un concours dans des sous-disciplines hyper-spécialisées ?  2) comment s'assurer par le biais d'un concours qu'untel est un chercheur prometteur ?

 

Il est clair que la réponse aux deux questions est  que c'est impossible. Par ailleurs, il semble difficile de dire à quelqu'un qu'il n'a pas le niveau alors qu'il s'est déjà investi plusieurs années dans une thèse. La réponse vient alors d'elle-même : organisons le concours avant la thèse. Comme il s'agira alors de sélectionner sur des connaissances assez générale, pourquoi ne pas utiliser un concours qui existe déjà ? L'agrégation par exemple. En clair, il suffit de mettre dans les textes que l'agrégation est nécessaire pour postuler sur un poste de maître de conférence. On m'objectera que l'agrégation est un concours d'enseignement qui n'a rien à voir avec la recherche, ce à quoi je répondrai qu'un maître de conférence est un enseignant-chercheur, et que la partie enseignement n'est pratiquement jamais prise en compte dans le recrutement (ça dépend peut-être des disciplines), et que ça serait un moyen simple de remédier à cette situation.

 

Avantage du système : 1) c'est simple et le coût est nul.

2) c'est justifié car un MdC est à 50% un enseignant.

3) cela permet d'éliminer les candidatures fantaisistes et hors-sections.

 

Inconvénients : 1) il y a des disciplines où il n'y a pas d'agrég.

2) il devient difficile de "caser" l'agrég avec la masterisation.

3) ça ne concerne que les candidats français.

 

Réponses : 1) créons-en : ce serait très utile par exemple en informatique.

2) revenons sur cette réforme stupide.

3) débattons de ce problème, si c'en est un, au grand jour au lieu de tenter de le régler hypocritement (voir ci-dessus le lien vers la page de Michael Harris).

 

Quant au problème du copinage, soyons clair, il sera d'autant plus aigu que les postes seront peu nombreux, quel que soit le système (il est bien connu que les "groupes dominants" se ferment aux nouveaux venus en protégeant leurs proches en cas de pénurie de ressource).

Pour éviter les abus, mieux vaudrait agir a posteriori en les sanctionnant (on peut éplucher les recrutements d'un labo sur 10 ans en comparant les parcours des chercheurs ayant été recrutés et de ceux qui ne l'ont pas été), que de tenter vainement des les prévenir a priori.

 

Voilà pour le fond du problème. Quant à la forme, elle est détestable : une décision aussi importante est prise "sur un coin de table", sans concertation ni véritable débat. Espérons que le débat, qui est maintenant lancé, reviendra au parlement dans de meilleures conditions.

 

 

MAJ du 27/06 : l'amendement aura été de courte durée, il est déjà retiré...

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Les enfants sauvages

19 Février 2011, 17:32pm

Publié par Fabien Besnard

Deux circonstances récentes m'ont poussé à m'intéresser au cas de ces enfants qui se sont retrouvés seuls dans la nature. La première est la diffusion par Arte du film que François Truffaut a réalisé à partir du cas le plus célèbre, celui de Victor de l'Aveyron. Je n'avais jamais vu le film, qui est magistral, mais m'a laissé plus que sceptique. Selon le docteur Itard, qui prendra soin de Victor et tentera, sans grand succès, de l'initier au langage parlé, l'enfant aurait été abandonné en forêt à l'âge de deux ans. Son complet isolement l'aurait empêché d'acquérir le langage. Cependant, au début du film, un autre médecin émet une hypothèse qui m'a immédiatement semblé plus plausible : Victor a été abandonné bien plus tard, et n'a jamais su parler parce qu'il était déficient mental.

 

La seconde circonstance est la diffusion par une autre chaîne (j'ai oublié laquelle, il faut dire que je ne me suis pas attardé), d'un bien moins bon film, tiré d'une histoire délirante, mais présentée comme véridique par son auteur, du moins au début. Je me souviens avoir entendu il y a quelques années Misha Defonseca narrer ses voyages effectués en lupine compagnie sans susciter la moindre incrédulité des journalistes (puisqu'il faut bien employer ce mot) qui la questionnaient.

 

D'où mon interrogation : finalement, y a-t-il le moindre cas de survie en forêt avéré chez un enfant en bas âge, avec ou sans l'aide de loups ? Le sujet est bien sûr passionnant : il s'agit de la question de l'innée et de l'acquis, de l'homme à l'état de nature.

 

Il se trouve qu'un chirurgien qui signe sous le nom de Serge Aroles a écrit un ouvrage très complet sur la question. Après une enquête qui semble très sérieuse, et aidé de ses connaissances médicales, son verdict est sans appel : aucun des cas, nombreux, d'enfants-loups, enfants-singes, enfants-ours, gazelles, blaireaux (si !), qu'il a examiné ne s'est révélé digne de foi. Les nombreux enfants capturés en forêt, depuis le moyen-âge, et sur tous les continents ou presque, et dont on a attribué l'absence de langage et la locomotion parfois quadrupède à leur vie parmi les animaux, s'expliquent beaucoup plus simplement par un handicap mental ou physique. Faux enfants-loups, donc, mais vrais enfants martyrs, qui ont souvent été exhibés pour de l'argent et maltraités.

 

D'après ce que j'ai compris de l'étude de Serge Aroles, il ressort deux cas de figure. Soit l'enfant est un nourrisson lorsqu'il est abandonné en forêt, et, dans des circonstances exceptionnelles, il n'est pas impossible qu'il soit recueilli par une louve, ce secours étant cependant de trop courte durée pour que le petit d'homme atteigne l'âge d'assurer lui même sa survie, soit il est abandonné alors qu'il est déjà autonome, mais dans ce cas, s'il a la chance de survivre quelques années, les carences de son régime alimentaire entraînent un retard mental irrémédiable, ce qui provoque finalement sa perte.

 

Le cas de Victor de l'Aveyron ne fait pas exception : ce dernier n'a, selon Serge Aroles, jamais montré aucune adaptation à la vie sauvage, et n'a survécu qu'en lisière de forêt, chapardant fruits et légumes pour survivre.

 

Dans ce tableau plutôt sombre, une seule lumière. Mais quelle lumière ! Il s'agit de Marie-Angélique, et son histoire est  extraordinaire. Cette amérindienne de la tribu des Renards s'est échappée à l'âge de neuf ans environ en Provence, en 1721, et erra pendant une décennie dans les forêts du royaume de France, avant d'être capturée quelque part en Champagne. Bien qu'elle ne puisse pas être considérée comme une enfant sauvage, puisqu'elle était déjà grande quand elle s'est évadée, son cas est des plus romanesques : trouvée dans un état de très grande régression mentale, "elle apprit à lire et écrire, devint un temps religieuse en une abbaye royale, tomba dans la misère, fut secourue par la reine de France, épouse de Louis XV, refusa un amour qu’un lettré lui offrait, fut tant digne lors de son ultime maladie, un asthme aux longues asphyxies, et mourut assez fortunée, son inventaire après décès en faisant foi. Considérée par le philosophe écossais Monboddo, qui l’interrogea en 1765, comme le personnage le plus extraordinaire de son époque, cette femme d’autrefois est tombée en notre oubli ; elle s’efface, depuis plus de deux siècles, derrière toutes les héroïnes de la fiction."

 

Il y aurait sûrement là de quoi faire un autre film...
 

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New York-Tokyo selon Google Maps

5 Février 2011, 11:13am

Publié par Fabien Besnard

Un petit moment de détente, via une ami d'ami de facebook :

 

Allez sur Google Maps, itinéraires.

 

Prenez n'importe quel point des USA comme départ (par exemple New York), et n'importe quel point du Japon comme arrivée (par exemple Tokyo).

 

Regardez le descriptif de l'itinéraire (en particulier vers le point 31).

 

Curieusement ça marche aussi depuis le Mexique, mais pas depuis le Canada.  

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Classements

29 Janvier 2011, 10:09am

Publié par Fabien Besnard

Comme vous l'aurez remarqué je n'ai pas beaucoup de temps à consacrer à ce blog en ce moment. J'ai cependant tenu à prendre deux ou trois minutes pour partager avec vous, chers lecteurs, diverses informations glânées au hasard de mes lectures, et qui sont suffisament éloquentes par elles-mêmes pour me dispenser d'une longue analyse.

 

L'importance que prennent aujourd'hui les classements n'aura échappé à personne. Leur impact est particulièrement fort dans le monde de l'enseignement supérieur et de la recherche. Ainsi avons-nous tous entendu parler du classement de Shanghaï et de sa cruauté envers l'université française. On explique souvent ce phénomène par la taille réduite de nos facultés par rapport à leurs cousines américaines ou britanniques. Cela joue certes un rôle, mais il est intéressant de se pencher un peu plus sur la méthodologie utilisée. J'apprends ainsi par l'entremise de la Gazette des mathématiciens (*), que ce classement "est composé de 6 mesures dont 4 comptent pour 20% : (1) nombre de prix Nobel ou de médailles Fields, (2) nombre de chercheurs parmi la liste des « plus cités » de Thomson Reuters, (3) nombre d’articles publiés dans les revues Nature et Science, (4) nombre total d’articles recensés dans le Web of Science de la compagnie Thomson Reuters. Les 20% restants sont ajustés grâce à deux variables comptant 10% chacune : (5) nombre d’anciens étudiants ayant reçu un prix Nobel ou une médaille Fields, (6) ajustement des résultat précédents selon la taille de l’institution." On peut certainement objecter que ces critères agrègent des données totalement hétérogènes. Mais je ne soupçonnais pas l'importance du biais relevé par l'article de la Gazette : "le choix des revues Nature et Science est très discutable et fortement biaisé quant on sait que 72% des articles publiés dans la revue américaine Science le sont par des auteurs américains, et 67% de ceux parus dans la revue britannique Nature le sont par des britanniques ; et enfin comment se fier à un classement qui fait varier la position d’une université de plus de 100 places selon qu’on attribue le prix Nobel d’Albert Einstein (obtenu en 1922 !) à l’université de Berlin ou de von Humboldt ?" Dans la mesure où ce classement est structurellement biaisé en faveur des institutions américaines et brittaniques, on comprend mal pourquoi tant de dirigeants de grandes écoles et d'universités françaises ont pour objectif explicite d'améliorer leur rang dans celui-ci... sauf si on considère que l'attrait des classements est aussi universel qu'irrépressible.

 

Les classements ont en effet deux vertus irremplaçables. La première est de donner une impression d'objectivité à ceux qui n'ont aucune lumière sur un sujet particulier, et surtout, de leur éviter de prendre des risques. Les meilleurs vins selon la revue untel ne seront sûrement pas des piquettes, et le meilleur restaurant selon telle autre est rarement une gargotte. Bien sûr, à trop suivre ce type de conseil on risque malgré tout de passer à côté de son propre goût .

 

La seconde vertu des classements est incontestablement d'alimenter les conversations. Si vous êtes en manque sur ce dernier point, je vous conseille cet article récemment paru sur arkxiv, qui détermine enfin scien-ti-fi-que-ment (à l'aide d'un algorithme de type pagerank) qui fut le plus grand joueur de tennis de tous les temps. La réponse est un peu surprenante, quoique pas complètement dénuée de fondement, ce qui permet d'en discuter à satiété. Les magazines ont depuis longtemps flairé le filon, avec les classements des hôpitaux, des prépas, des lycées, etc. En voici deux (ici et ) qui ne sont, disons, pas complétement convergents... Précisons que ces deux classements utilisent, et c'est remarquable, les mêmes données brutes.

 

Les classements sont irrésistibles, vous dis-je, et la seule façon de lutter contre eux est d'en inventer de nouveaux. Ainsi, comme le note encore l'article de la Gazette (citant le rapport du sénateur Bourdin)  "le classement de Shanghai est très favorable aux universités américaines... le classement anglais [du Times Higher Education], quant à lui, valorise mieux les performances des établissements du Royaume-Uni... et le classement de Leiden donne de belles places aux universités néerlandaises... Il n’était donc pas inutile qu’un organisme français vienne apporter sa contribution à cette surenchère de classements, pour éclairer d’un jour nouveau les performances des établissements français. De fait, le classement publié en septembre 2007 par l’école des Mines de Paris leur est très favorable, même s’il a fallu pour cela abolir tout critère en rapport avec la recherche et se concentrer sur le devenir des anciens étudiants au sein des entreprises."

 

Rien de meilleur en effet pour l'estime de soi que de se trouver au sommet d'un classement, encore que l'effet soit quelque peu diminué si on en a imaginé soi-même les critères.

 

Alors, je vous le demande, qui a le meilleur revers choppé parmi les agrégés de maths qui réussissent le risotto au cèpes ? Hein ? Qui ?

 

 

(*) L'article cite ici Yves Gingras, La fièvre de l’évaluation de la recherche. Du mauvais usage de faux indicateurs, CIRST, 2008.

 

MAJ 01/02 : un article d'Yves Gingras sur le sujet, sur le site de La Recherche. Merci à Luc Allemand pour ce lien.

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Réponse au petit jeu

5 Octobre 2010, 16:02pm

Publié par Fabien Besnard

La réponse est en commentaire. Merci à ceux qui ont joué !

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Petit jeu

26 Septembre 2010, 15:47pm

Publié par Fabien Besnard

Qui a écrit ceci, et quel est l'événement dont il est question ?

 

"Nous pouvons reprendre espoir. Notre mission allemande n'est pas terminée ! J'ai plus de courage que jamais, puisque tout n'a pas encore sombré dans la platitude, dans "l'élégance" judéo-française, ou dans les instincts de cupidité de "notre temps". Il y a encore de la bravoure, de la bravoure allemande, c'est-à-dire tout autre chose que le fameux élan [en français dans le texte] de nos lamentables voisins. Au-dessus du combat des nations, la tête d'une hydre internationale nous a terrifié, elle s'est dressée, subite et effrayante, annonciatrice des luttes de l'avenir, qui seront d'une toute autre sorte."

 

Merci à ceux qui connaîtraient la réponse de ne pas donner la référence précise afin de laisser tout le monde jouer.

 

La réponse dans quelques jours. Tentez votre chance.

 

 

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Que faire quand on corrige des copies ?

10 Mars 2009, 20:56pm

Publié par Fabien Besnard

Cette activité un tantinet monotone et passablement déprimante s'associe tout naturellement avec la consommation d'alcools fort. Profitons-en avant que le syndicat des buveurs d'eau et autres quakers n'interdise un site internet tel que celui-ci. Une très mauvaise copie passe beaucoup mieux accompagnée de la saveur puissamment tourbée (et finement iodée) d'un Ardbeg Renaissance (ou mieux Almost There, si vous arrivez à en dénicher encore). Faire barboter vos neurones dans l'éthanol vous évitera de trop vous tourmenter à propos de vos talents d'enseignant. Tiens, un prof raté (et chauve) qui noie sont chagrin dans l'alcool, ça me rappelle un excellent petit film, Sideways. Le personnage principal était un intégriste du pinot noir. Si vous êtes un peu plus tolérant, vous aimerez sans doute le chateau d'Escolives. C'est un Bourgogne qui a deux particularités : son prix est raisonnable, et il y a du césar dedans (non, pas ça voyons, ça !). Je pourrais essayer de vous décrire son goût très particulier, avec des notes de cuir et de réglisse, mais je ne sais pas parler du vin. Le mieux est d'aller le goûter sur place : ils ont des chambres et table d'hôte fort agréables.

Bon d'accord, picoler c'est bien, mais on peut aussi se cultiver en corrigeant. D'abord on peut écouter France Culture sur internet. Pourquoi pas en direct me direz-vous, avec le sens de l'à propos qui vous caractérise ? Tout simplement parce qu'on peut choisir son émission parmi toutes celles diffusées dans les deux derniers mois. Rien que dans "l'univers science", il y a de quoi s'occuper. Si le mot "glomérulation" ne vous provoque pas de haut-le-coeur, je ne saurais trop vous conseiller l'émission d'Olivier Lyon-Caen. Mais si vous êtes vraiment déprimé par vos copies, évitez quand même celle sur les soins palliatifs. Non, dans ce cas j'ai ce qu'il faut pour vous remonter le moral : le dernier album de Tigran Hamasyan. Il dégage l'énergie du magma en fusion. Mon petit doigt me dit qu'il est en concert ce mois-ci à Paris. Si vous êtes dans le coin, courrez-y.

MAJ : J'étais au Sunside hier où Tigran et son quintet ont mis le feu en 3 "sets" de près d'une heure chacun. Exceptionnel ! Si vous l'avez manqué, vous avez une séance de rattrapage ce soir.

MAJ 2 : Un tout petit bout de ce concert.

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Révélation

8 Août 2008, 10:21am

Publié par Fabien Besnard

J'ai pensé que cette période estivale était propice à un petit jeu sans prétention. Certes, vous proposer un billet aussi trivial n'a pas été sans poser un terrible cas de conscience. N'est-il pas cruel d'infliger aux lecteurs de Mathéphysique, déjà persécutés par l'éternelle chronique judiciaire et l'interminable feuilleton des JO (vous savez, cette compétition d'athlètes drogués qui courent dans des stades flamboyants payés avec l'argent de nos chômeurs ?) qui nous tiennent lieu d'actualité, n'est-il pas cruel de leur infliger, disais-je avant de digresser, un articulet aussi dénué de réflexion qu'un reportage de Jean-Pierre Pernaut sur les tongs ? Bien sûr, je pourrais vous emballer ça dans un discours philosophico-pompeux de circonstance sur la perception du réel bla, bla, bla...
Mais non. Je vais vous l'asséner tout net. Vous êtes prêt ? C'est sûr ? Bon.

Que représente le logo ci-dessous ?

J'attends vos réponses (évidemment dépourvues de tout mauvais esprit) dans les commentaires.

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