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enseignement

Tout faux

24 Janvier 2015, 16:43pm

Publié par Fabien Besnard

Corrigeant un tas de copie himalayesque, j'ai allumé hier la télé sur France 5 pour me distraire un peu pendant cette tâche ingrate. Je suis tombé sur ça :

(Il faut regarder de 41'52 à 43'10, voire plus longtemps si vous avez le cœur bien accroché)

Un certain GF (je préfère ne pas le citer pour ne pas lui faire une publicité qu'il mériterait pas, même si elle était négative), chargé de mission à l'inspection générale de l'EN, a réussi à aligner tous les clichés de la pédagogogie en moins de deux minutes, une prouesse : que l'autorité ne serait pas un préalable mais "se construirait" (bonne chance à tous les collègues qui n'arriveraient pas à la construire rapidement...), le problème de l'EN serait "qu'il y a trop de disciplinaire*", pas assez de "vivre ensemble", trop de cours de magistraux où les élèves s'ennuient "surtout dans ces populations là", et que le grand tort du "disciplinaire", c'est de conduire à la sélection (j'imagine qu'il préfère la sélection par l'argent ou la naissance, ou bien qu'il envisage de déterminer qui sera ingénieur ou médecin par tirage au sort) ...

J'étais si énervé que je n'arrivais plus à corriger mes copies... J'espère que le public n'est pas dupe - et je devine qu'il ne l'est pas - et sait que ce sont des gens comme lui qui sont au pouvoir dans l'EN depuis des décennies et l'ont conduit à sa perte. Si je l'avais en face de moi je lui dirait que les élèves vomissent les préchis-préchas sur la citoyenneté, le vivre ensemble et le tri sélectif, et ne respectent qu'une seule chose : l'exigence, surtout dans "ces populations là".

* Je précise à l'attention de ceux qui ne sont pas familiarisés avec le jargon éduc nat que l'adjectif "disciplinaire" qualifie les cours où l'on dispense quelque contenu,comme l'Histoire ou les mathématiques par exemple, et s'oppose donc au transdisciplinaire, parcours de découverte, AP, TIPE, ECJS, et autres animations dont les horaires enflent à mesure que le temps passe.

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La gentille petite fille contre les trois méchants profs

8 Octobre 2014, 21:08pm

Publié par Fabien Besnard

J'aurais pu sous-titrer : comment le SGEN-CFDT voit les profs (qui ne sont pas au SGEN-CFDT, donc pas gentils).

Je savais que ce syndicat était une forteresse du pédagogisme (qui est à la pédagogie ce que le gauchisme est à la gauche), mais avec ce petit film de propagande (le mot est approprié), ils font quand même très fort. Si fort que ça se passe de commentaire.

Assez savoureuse aussi est la petite bafouille qui accompagne le film dans le mailing (j'ai supprimé la signature, c'est mon côté chrétien) :

Cher-e collègue,

Le court-métrage de 1 min que je vous propose de visionner est difficile. Il met en scène ce que des milliers d'équipes combattent tous les jours sur le terrain : une école qui exclut.

C’est votre combat, votre investissement au quotidien, que je veux saluer.

Car l'Ecole, c'est d'abord vous !

Vous qui, loin des projecteurs, loin des caricatures ou des discours convenus sur l'Ecole, innovez, expérimentez, pour la transformer au quotidien et accompagner tous les élèves vers la réussite.

Pour le Sgen-CFDT, ce combat ne sera gagné qu'avec des personnels reconnus et respectés dans leur travail.

Sincèrement
vôtre,

Pour les équipes Sgen-CFDT,

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Navrant

23 Juin 2014, 22:02pm

Publié par Fabien Besnard

Vendredi dernier je suis allé chercher mon fils à l'école.  Les grands sortent les premiers.  Ils sont tous habillés en bleu et ont les joues peintes en bleu-blanc-rouge. Le maître sort à son tour : il arbore un tee-shirt de l'équipe de France de football et un sourire satisfait. C'est apparemment lui le responsable de ce forfait. C'est à lui que je m'apprête à confier mon fils dans quelques années.

L'école est un lieu de vie, qu'ils disent. 

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Trois conseils à Vincent Peillon par Ali Devine

14 Février 2014, 21:48pm

Publié par Fabien Besnard

Je relaye ici un excellent billet posté par Ali Devine sur son excellent blog (où il est prouvé une fois de plus que l'humour est le dernier refuge du désespoir).

 

Extrait :

"Ma première suggestion au ministre serait évidemment de revoir en profondeur sa réforme des rythmes. Dans une interview récente, le Ministre a présenté cette réforme comme le fait de « donner aux enfants une matinée supplémentaire pour apprendre à lire ». C’est jouer sur les mots, car le temps scolaire n’a pas changé d’un iota depuis la calamiteuse réforme Darcos.  C’est aussi occulter un fait essentiel : par rapport à ce qui se faisait il y a vingt ans, un élève de cours élémentaire consacre 100 heures de moins chaque année aux matières fondamentales (français, mathématiques, éveil, devoirs). Par rapport à un élève d’il y a cinquante ans, la différence est de 250 heures… Si l’on souhaite vraiment « donner plus de temps aux enfants pour apprendre », c’est donc le nombre d’heures de cours qu’il faut de toute évidence accroître, en revenant au minimum à une dotation de 26 heures par semaine et en allégeant les programmes de ce qui les encombre inutilement.

Dans les quatre journées et demie qu’ils passent désormais entre les murs de l’école, les élèves de CE2 (qui je le rappelle ont 8 ans) doivent en effet caser du français, des mathématiques, de l’anglais, des sciences expérimentales et/ou de la technologie, de l’histoire et/ou de la géographie et/ou de l’instruction civique et morale, des arts visuels et/ou de l’éducation musicale avec en bonus éventuel une des vingt heures annuelles d’histoire des arts enseignée de façon transversale, de l’éducation physique et sportive, des technologies de l’information et de la communication (elles aussi enseignées de façon transversale), neuf récréations de quinze minutes, des devoirs dans les différentes matières (si le maître juge utile d’en donner et trouve un créneau pour en faire), plus à présent des activités périscolaires qui dans certaines écoles varient d’un jour à l’autre. Je ne vois pas comment cet éclatement du temps passé dans l’école pourrait favoriser les apprentissages. Quant aux maîtres, ils sont confrontés à un dilemme : favoriser le français et les mathématiques en minorant ou en oubliant le reste (c’est ce que je ferais), ou bien pratiquer une sorte de dispersion ludique, en organisant leurs journées et leurs semaines comme des séances de zapping.

Il faut donc faire le ménage. Je pense en particulier à l’anglais, pardon, à la « langue étrangère ou régionale », qui ne donne lieu dans l’immense majorité des cas à aucun apprentissage réel et qui se voit pourtant offrir 54 heures par an. Et si on pouvait aussi soulager les maîtres du prêchi-prêcha sur les questions de genre ou le tri des déchets, ce ne serait pas plus mal."

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PISA : prolégomènes à toute interprétation future

3 Décembre 2013, 18:52pm

Publié par Fabien Besnard

Le sujet étant d'actualité, nous n'avons pas fini d'entendre des experts es-"sciences" de l'éducation nous expliquer tous les défauts de la fameuse étude PISA.

 

J'invite mes lecteurs à essayer plutôt de se faire une idée par eux-mêmes en s'essayant à quelques questions du test de mathématiques. Et à bien regarder le score des élèves français aux dites questions...

 

Un autre point instructif dans le rapport de 2012, c'est que même compte-tenu du niveau social, le score moyen des enfants d'immigrés français est très inférieur à celui des enfants d'immigrés des autres pays de l'OCDE. On se demande bien quelle pourrait être l'explication. Au fait, où a-t-on le plus expérimenté de pédagogies innovantes ces dernières décennies ?

 

 

PS : les questions PISA étant ni plus ni moins du type certificat d'études, il serait intéressant de croiser les résultats de certaines questions types avec ceux des nos aÏeux aux questions similiaires du certif. Avis aux historiens de l'éducation...

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Bac : arrêtons la mascarade.

19 Juin 2013, 14:43pm

Publié par Fabien Besnard

Pour avoir une idée du niveau auquel il est nécessaire de descendre pour s'assurer d'avoir un taux de réussite au bac avoisinant les 85%, je vous laisse consulter le sujet de physique-chimie obligatoire de la série S

 

L'éduc nat a fait très fort cette année avec un sujet pour lequel il suffit d'avoir un niveau collège pour répondre à la majorité des questions (la plupart des réponses sont en effet directement dans l'énoncé, pour d'autres il suffit de savoir faire une division ou une conversion, voir en particulier les questions I 1.2.2,  II 1 et II 3.3, qui sont presque insultantes de facilité, mais aussi les questions II.3.2, II.4.1, II.4.2, etc.)

 

Mais j'y suis, l'administration a peut-être inversé les sujets du bac et du bepc ?

 

L'intitulé physique-chimie est d'ailleurs assez trompeur, puisqu'il y a une grosse majorité de chimie, et que la partie physique est polluée par une partie "codage" du niveau des énigmes récréatives de Mickey Parade

 

Par ailleurs il s'agit plutôt de vulgarisation que de physique ou de chimie, puisqu'il n'y a strictement aucune technicité : il s'agit simplement de savoir lire un article de vulgarisation utilisant un ou deux concepts bien connus, comme la conservation de l'énergie, ou l'effet de la température sur la cinétique chimique (je concède qu'il y a un peu de cours dans la partie chimie, mais on peut sûrement avoir plus que la moyenne en sautant ces questions). Bref, de la culture générale scientifique. Mes lecteurs savent bien que je n'ai rien contre la culture générale scientifique, et qu'au contraire je m'emploie à la développer. Je trouverais ce sujet parfait pour une série L ou ES, mais des jeunes de 17 à 18 ans qui se destinent à une carrière scientifique ont besoin d'une compétence déjà bien plus technique que cela.

 

C'est pourquoi je préconise d'arrêter cette mascarade : supprimons le bac, ce coûteux rite de passage au contenu qui tend vers zéro. Et pas question de le remplacer par du contrôle continu, le remède serait pire que le mal. Non, donnons le bac à tous les élèves sortant de terminale, sans examen. Cela reviendra plus ou moins au même qu'aujourd'hui mais ce sera plus économique et moins hypocrite.

 

D'ailleurs voici ma petite contribution pour aider à aller dans cette voie : la question 2.2 est mal rédigée (très mal même), puisqu'elle ne répète pas l'hypothèse de la question 2.1 qui est pourtant nécessaire à sa résolution. Vous objecterez peut-être que les élèves ne sauraient de toute façon pas traiter un mouvement autre que circulaire, mais bon, avec suffisament de mauvaise foi on pourrait organiser une petite campagne de presse pour exiger que tous les élèves aient, allez, disons 5 points supplémentaires. Après les fuites de sujet et diverses bourdes qui ont défrayé la chronique ces dernières années, on va bien finir par avoir la peau du bac...

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Où est l'histoire des sciences ?

23 Février 2013, 11:29am

Publié par Fabien Besnard

Ayant préparé un cours d'introduction à l'histoire des sciences pour mes étudiants, je me suis posé la question de savoir quelles pouvaient être leurs connaissances dans le domaine. J'ai donc épluché les programmes d'histoire-géo et de physique-chimie (pas de SVT, mon cours ne portant pas là-dessus) de tout le secondaire, de la 6e à la terminale (une expérience édifiante).

 

Le résultat de mes investigations est le suivant : les introductions des programmes de physique-chimie (souvent extraordinairement prétentieuses au regard des contenus réels) insistent énormément sur l'approche historique, mais aucune connaissance précise n'est jamais exigée, ni même suggérée (au contraire de notions de sécurité routière, de médecine, de sport, d'informatique, d'histoire de l'art... oui, oui, je parle bien du programme de physique-chimie...). La traduction dans les faits des bonnes intentions affichées dépend donc entièrement de la volonté et de l'investissement individuel des enseignants. Quant au programme d'histoire-géo, il relègue la plupart du temps la science à des thèmes optionnels. Voyons cela en détail.

 

 

En 6e un élève a une chance sur trois d'avoir un aperçu de la science grecque (c'est un thème optionel parmi trois dans la civilisation grecque, qui représente elle-même 25% du programme. À titre de comparaison, l'histoire des religions représente 20% du programme, et c'est obligatoire).

 

En 5e, on a droit à 1/4 de thème parmi 2 au sein d'un chapitre représentant 40% du programme. C'est-à-dire pas grand chose (essentiellement un paragraphe sur Copernic ou Galilée, on n'aura probablement pas droit aux deux).

 

En 4e, on aura une chance sur deux d'étudier un savant de l'âge des Lumières (soit un thème parmi 4 au sein d'un chapitre représentant 25% du programme. Donc je résume : une chance sur deux qu'un seizième du programme d'Histoire soit consacré à un savant). Dans ce programme de 4e on étudie pourtant l'âge industriel et ses bouleversements économiques, sociaux et religieux. Mais pas scientifiques. Darwin, Pasteur, Mendel (je n'ose parler de Dalton, Carnot, Faraday, Maxwell, Boltzmann) sont priés d'aller se rhabiller, et de faire un peu de place à... l'encyclique rerum novarum, qui est partie intégrante du programme. 

 

En 3e les élèves étudieront très rapidemment (15% du temps) l'évolution technologique du XXe siècle sur un exemple obligatoirement issu de la médecine.

 

Mais le meilleur exemple du peu de cas qu'on fait de l'histoire des sciences, c'est la liste des repères chronologiques exigibles à la fin du collège. Sur 43 items chronologiques, aucun ne concerne la date d'une découverte scientifique. À  mon humble avis on pourrait retenir à l'extrême minimum la date de la publication du dialogo de Galilée et de "de l'origine des espèces". Mais non. (Toujours à titre de comparaison, car vous imaginez bien que ce n'est pas du tout mal intentionné de ma part, 8 repères concernent directement la religion.)

 

Mais ne crachons pas sur le programme du collège : celui du Lycée est pire encore du point de vue de l'histoire des sciences, puisqu'il n'y en a pas du tout en 1ere, ni en Terminale (même dans l'option facultative des séries S. Il y a bien "la course à l'espace", mais ça n'est pas de la science.) En seconde, les plus chanceux (une chance sur deux) auront droit à environ 5h de cours sur "le nouvel esprit scientifique des XVIe et XVIIe siècle", c'est-à-dire sur ce qu'on pourrait aisément qualifier d'évènement le plus important des deux derniers millénaires, et que les anglo-saxons qualifient de "scientific revolution".

 

Bref, à la question "où est l'histoire des sciences ?", la réponse est : nulle part si on n'a pas de chance.

 

 

 

 

 

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Nouveau programme de prépa pour octobre ?

28 Août 2012, 14:54pm

Publié par Fabien Besnard

Je signale cet article du site "réussire ma vie" sur la refonte des programmes de prépa en maths et physique/chimie pour 2013.

 

Selon l'auteur "Tout doit être finalisé en octobre 2012".

 

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Le Bac S de 2013 sera un sous-Bac D de 1993

29 Juin 2012, 09:25am

Publié par Fabien Besnard

Ce billet est né d'un agacement. Celui de se voir si souvent rétorquer des poncifs et autres idées reçues lorsque, en tant qu'enseignant de mathématiques, on a l'audace de se plaindre de voir sa matière si mal traitée par les réformes diverses. « Il n'y en a que pour les mathématiques en France », « C'est la matière de sélection », « Vous vous plaignez que le niveau baisse, mais vous disiez la même chose il y a 50 ans », etc.

 

Ces remarques sont généralement proférées par des gens qui ignorent tout de l'évolution du système éducatif français sur les 30 dernières années. C'est de leur seul passage sur les bancs de l'école qu'ils tirent leurs puissantes conclusions.

 

Face à cette illusion, ce miroir déformant du souvenir, dont, il faut bien le reconnaître, nous sommes tous un peu victimes, on ne peut opposer que des faits. Voici donc quelques données pour rappeler le contexte historique. Je les ai tirées en grande partie des articles de Daniel Duverney trouvés sur son site web, qu'il faut absolument lire. Je me suis contenté de mettre à jour les données et de les compléter avec les modifications entraînées par la nouvelle réforme.

 

 

Je me concentre ici essentiellement sur le cycle terminal, et je fais appel à vous pour compléter mes informations, notamment sur l'évolution des horaires, en classe de seconde, au collège et dans le primaire.

 

Voici d'abord un tableau résumant l'évolution des horaires obligatoires en maths, physique-chimie et SVT pour la filière scientifique.

 

tablesreunies4

 

Depuis 1994 les élèves de Terminale S doivent choisir un enseignement de spécialité de 2h hebdomadaire, soit en mathématiques, soit en physique-chimie, soit en SVT.

 

En se basant sur une année de 32 semaines de cours, voici un récapitulatif du nombre d'heures d'enseignement scientifique sur le cycle terminal suivant les spécialités :

 

cumul2.jpg

 

On constate tout d'abord une tendance marquée au « toujours moins de maths », le volume horaire maximal en mathématiques étant une fonction strictement décroissante du temps, si bien que dès l'année prochaine, un bachelier S spé maths aura fait moins de mathématiques en cycle terminal qu'un bachelier D de 1990. Il aura fait également moins de physique et moins de SVT. Est-il concevable qu'un futur ingénieur, un futur enseignant ou chercheur, soit bientôt moins bien formé en mathématiques et en physique qu'un médecin ayant passé son bac en 1990 ?

 

Précisons que la diminution des heures en seconde et au collège ne fait que renforcer la tendance que je viens de décrire. Et tout ceci se fait dans l'indifférence générale, alors que la suppression d'une partie des heures d'histoire-géographie en série S a eu un immense écho médiatique... Bien entendu, en disant cela je n'attaque en aucune façon cette matière respectable, je constate que d'une façon générale, en France, aujourd'hui, on se fiche éperdument des sciences. Mais quelles conséquences économiques et sociales pour demain ?

 

Lorsqu'ils sont confrontés à la brutale réalité des chiffres précédents, les nouveaux Pangloss et autres ravis de la crèche répondent parfois que, s'il est vrai que le niveau en sciences des nouveaux bacheliers ne peut que baisser par rapport à ceux de la génération précédente, il y a, en revanche, tellement plus de bacheliers que le niveau scientifique global de la population augmente. Le graphique suivant tord le cou à cette idée naïve, au moins pour les mathématiques.

courbep2

 

La courbe rouge indique le nombre de bacheliers scientifique ayant suivI le moins d'heures de mathématiques possible en terminale (bacheliers D en 1983, bacheliers S spé PC ou SVT en 2011), et la courbe bleue indique le nombre de ceux qui en ont suivi le plus possible (bacheliers C en 1983, bacheliers S spé maths en 2011). Précisons que le minimum était de 6h sur la période 1983-2002, et qu'il est tombé à 5,5 h sur la période 2003-201, et que le maximum était de 9h de 1983 à 1994, de 8h de 1995 à 2002, et de 7h30 de 2003 à 2011.

 

On constate ainsi que, malgré l'augmentation considérable du nombre de bacheliers scientifiques, dont témoigne la forte croissance de la courbe rouge, il y a aujourd'hui moins, en valeur absolue, de bacheliers ayant suivi le maximum d'heures de mathématiques qu'il y a 30 ans, et près de moitié moins qu'il y a 20 ans.

 

Ainsi, non seulement les « matheux » sont aujourd'hui moins bien formés en mathématiques, mais il y en a de moins en moins ! Le niveau ne baisse donc pas seulement individuellement mais globalement. Les deux phénomènes ne sont d'ailleurs pas indépendants, puisque, comme le rappelle Daniel Duverney, le niveau dans la matière détermine le choix de l'option. Autrement dit, il est difficile de s'intéresser à une matière pour laquelle on a été mal formé, avec des horaires indigents et un programme inepte.

 

 

Remarque concernant le graphique : pour les années 1983-2003 j'ai repris les courbes de Daniel Duverney, pour les années suivantes j'ai pris les données sur le site de la Depp (France métropolitaine+DOM, public+privé)

 

MAJ du 02/07/2012 : J'ai ajouté les horaires de seconde manquant, merci à Emmanuel Bourreau.

 

Par ailleurs je signale l'existence d'une pétition. Jetez un coup d'oeil à la liste des signataires :

 

  • Assemblée des Directeurs d'Instituts de Recherche sur l'Enseignement des Mathématiques (ADIREM),
  • Association des Femmes Ingénieurs (FI),
  • Association des Professeurs de Biologie-Géologie (APBG),
  • Association des Professeurs de Mathématiques de l'Enseignement Public (APMEP),
  • Association des proviseurs des lycées à classes préparatoires aux grandes écoles (APLCPGE),
  • Association Femmes & Mathématiques,
  • Association Femmes & sciences,
  • Association Française des Femmes Diplômées des Universités (AFFDU),
  • Conférence des grandes écoles (CGE),
  • Conseil National des Ingénieurs et Scientifiques de France (CNISF),
  • Fédération française de sociétés scientifiques (F2S, regroupe la SFP, la SFO et la SEE),
  • Société Chimique de France (SCF),
  • Société de l’électricité, de l'électronique et des technologies de la communication (SEE),
  • Société de mathématiques appliquées et industrielles (SMAI),
  • Société française de physique (SFP),
  • Union des Professeurs de Physiologie, Biochimie et Microbiologie (UPBM),
  • Union des professeurs de physique et de chimie (UdPPC),
  • Union des professeurs de spéciales (UPS),
  • Union des professeurs des CPGE agronomiques, biologiques, géologiques et vétérinaires (UPA),
  • Union des professeurs enseignant les disciplines littéraires dans les CPGE scientifiques (UPLS)

 

et ce n'est pas tout, suivent un certain nombre de grands noms de la science, dont quatre prix Nobel et un médaillé Fields. Je crois que cette implication du monde de la recherche et de l'enseignement supérieur sur une question relative à l'enseignement secondaire est tout-à-fait exceptionnelle.

 

 

-Je suis en train de regarder l'évolution des horaires du collège, je mettrai à jour l'article quand j'aurai le temps.

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Un petit dessin...

27 Juin 2012, 11:35am

Publié par Fabien Besnard

quenul2.jpg

...qui parfois vaut mieux qu'un long discours. Désolé pour la naïveté du trait, je ne recommencerai plus...

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