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politique

Élisabeth Badinter sur la gauche et la religion

17 Octobre 2013, 21:58pm

Publié par Fabien Besnard

Je recopie ici verbatim ces propos d'Élisabeth Badinter trouvés ici. Rien à ajouter sinon que je partage intégralement son amer constat. 

"Aujourd’hui, on considère que le droit à la différence est le summum de la liberté. La philosophie anglo-saxonne du «différentialisme» domine: chacun, dans sa communauté, fait ce qu’il veut. Cela revient à signer d’une certaine façon la mort de la philosophie des Lumières, qui a résonné en termes tout à fait opposés. Elle proclame en effet que pour avancer, il faut considérer les essentielles ressemblances entre tous les êtres humains, quelles que soient nos différences."

"Le multiculturalisme pourrait pourtant être considéré comme le rejet du racisme, puisque la différence est valorisée?

Le multiculturalisme, c’est le séparatisme, et pas la solidarité, car chacun s’aligne sur sa communauté et l’universalisme se meurt. Mon pessimisme se fonde aussi sur le retour en force du religieux. Les religions, puisque c’est elles qui nous séparent, ne sont pas des facteurs de paix dans une certaine partie de la population. Je dirais même que plus que le religieux, c’est le cléricalisme qui est en cause. La loi religieuse veut de plus en plus imposer sur l’espace public. Et je le dis autant pour les salafistes, les musulmans radicaux que pour la montée en puissance de l’orthodoxie chez les Juifs. J’ai ainsi été stupéfaite par cette tentative des Juifs extrémistes de Jérusalem l’année dernière de séparer les sexes dans les bus et d’instaurer une police de la jupe. Je pense que les Musulmans, Belges ou Français ont besoin aussi qu’on les aide et qu’on les encourage à un Islam des Lumières, qui a pris en compte l’évolution du temps. Mais il ne faut pas être naïf, il existe des sectes – les salafistes – qui mènent une guerre de tranchées visant à enfoncer nos propres principes. C’est inadmissible. Et là, il faut tenir. L’espèce de soumission à la religion, de l’extrême gauche et d’une grande partie de la gauche, est un désastre. Comme si le religieux devait l’emporter sur tout et que tous devaient se soumettre à ses diktats."

 

"Nos démocraties occidentales sont horrifiées à l’idée d’être accusées d’intolérance. Et comme au moindre mot qui n’est pas conforme à l’acceptation générale, vous êtes taxé d’islamophobe, d’antisémite, de raciste, de lepéniste, la peur d’être stigmatisé ferme la bouche à beaucoup de gens. Ce qui me chagrine le plus, c’est que la gauche, que je respecte, a été saisie par cette terreur. Or il ne faut pas avoir peur, mais avoir le courage de tenir sur ses principes."

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Pour la démocratie stochastique

25 Août 2013, 17:20pm

Publié par Fabien Besnard

La démocratie représentative est une sorte de despotisme éclairé où l'on choisit régulièrement son despote. Longtemps j'ai pensé que c'était le meilleur système, ou du moins le moins mauvais. Il me paraissait sain que le peuple puisse désigner au sein de l'élite, issue de lui-même par l'ascension méritocratique, les plus dignes de faire les lois.

 

Rétrospectivement je trouve ma naïveté confondante. Disons au minimum que si le système a pu fonctionner pendant une période, il est fini : plus aucun des mots que j'ai utilisés plus haut (droite, gauche, élite, méritocratie...) n'a de sens. Les électeurs se détournent des urnes, ou sont tentés de dynamiter le système par un vote extrême. La démocratie ne sera jamais achevée, mais chacun sent bien qu'elle se trouve à un tournant : ou nous lui faisons franchir une nouvelle étape pour la régénérer, ou ses ennemis se saisiront de l'occasion pour l'abattre.

 

Je propose, après bien d'autres, de remplacer l'élection des députés par un tirage au sort sur les listes électorales, à l'exemple de ce qui existe pour désigner les jurys d'assise. La similarité n'est pas fortuite : pour Condorcet le système parlementaire ne se justifiait que parce que les lois devaient être jugées, en leur âme et conscience, par les députés comme les accusés sont jugés par les jurés. Si un gouvernement tient à faire passer une loi devant une assemblée tirée au sort, il aura intérêt à fournir un argumentaire solide, puisqu'il ne lui suffira plus d'appuyer sur le bouton "majorité". L'assemblée nationale reprendra son vrai rôle et ne sera plus une simple chambre d'enregistrement. La séparation des pouvoirs, véritable pilier de la démocratie, sera enfin effective. Sans compter que l'assemblée sera, statistiquement, à l'image du peuple, et servira ses intérêts au lieu de ceux d'une micro-caste de privilégiés.

 

Voici quelques liens sur le sujet :

 

stochocratie (avec des références)

 

le message

 

equality by lot

 

Je les ai trouvés rapidement sur le net, je remercie d'avance tous ceux qui pourront compléter la liste.

 

J'invite les lecteurs qui ne seraient pas convaincus à me faire part de leurs objections. Je pense avoir les arguments nécessaires pour les contrer toutes.

 

 

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Conférence sur le vote par évaluation

24 Mars 2013, 15:06pm

Publié par Fabien Besnard

Fidèles lecteurs, vous savez que j'estime nécessaire de changer radicalement de système de vote (voir ici et ).

 

 

À ce sujet, je vous signale une conférence sur le vote par évaluation, qui intéressera peut-être certains d'entre vous.

 

 

 

 

Herrade Igersheim*

*Bureau d'économie théorique et appliquée, Université de Strasbourg



*"Quel candidat le vote par évaluation favorise-t-il ?
Une expérimentation de nouveaux modes de scrutin le 21 avril 2012"*


*Mardi 26 mars 2013, de 18h à 20h*.

Salle des conférences de la Maison de la recherche,

28 rue Serpente, 75006 Paris

 

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Les lycéens ont-ils quelque chose à faire dans la rue ?

21 Décembre 2008, 15:26pm

Publié par Fabien Besnard

Voilà un billet qui va me faire passer pour un affreux réactionnaire aux yeux de certains. Je pourrais me défendre en proclamant par avance  telle ou telle affiliation idéologique, mais, d'une part j'ai trop d'orgueil pour cela, et d'autre part l'idée même de procéder ainsi me dégoûte : on ne doit pas se demander "ce qui est de gauche" comme d'autres se demandent "ce qui est bien chrétien", avant de penser, mais s'efforcer de penser juste, d'argumenter selon la raison. Laissons les classifications et les anathèmes à ceux qui en ont le goût.

Voilà donc ce qui me semble juste de dire à propos des manifestations lycéennes. La réforme avortée était inquiétante sur bien des points, les suppressions de postes sont inadmissibles, mais ce ne sont pas à des mineurs de porter ces revendications. Leur place est en cours. Ils ne sont pas encore des citoyens, ils sont en train de le devenir, et la perte d'heures de cours due aux mouvements lycéens, récurrents depuis plusieurs années est inquiétante. J'ajoute que la facilité avec laquelle les lycéens se mobilisent témoigne surtout d'une perte du sens de leur présence en cours, plus que d'une réelle conscience des enjeux. J'enfonce le clou : les enseignants (une minorité) qui défilent avec les lycéens ou les soutiennent sont des irresponsables. J'espère pour eux que rien de grave n'arrivera à l'un de ces jeunes. De plus, ils contreviennent à la neutralité politique qui leur incombe (rien ne les empêche de défiler, mais pas au milieu de leurs élèves !). Enfin, les syndicats lycéens ne représentent... rien. Si je ne m'abuse, seuls les lycéens majeurs ont le droit de se syndiquer (si ce n'est pas le cas c'est totalement anormal), il s'agit donc d'une toute petite minorité, au sein de laquelle seule une minorité encore plus minoritaire se syndique effectivement. Qu'on discute avec leurs représentants, pourquoi pas, mais qu'on en fasse des interlocuteurs privilégiés, à égalité avec les syndicats enseignants ou les associations de parents d'élèves, voilà qui serait singulier. Mais nous touchons là le coeur du problème : le ministre (et ce n'est pas le premier dans ce cas) n'a pas bronché face à la mobilisation des enseignants, mais dès que "les jeunes" sont dans la rue, c'est la débandade en rase campagne. D'où, bien évidemment, la tentation pour certains enseignants de surfer sur cette vague. Mais il ne faut pas s'y résoudre : tous les représentants syndicaux, politiques, de gauche comme de droite, et à vrai dire tous les adultes de ce pays devraient sur ce sujet parler d'une voix et demander aux lycéens de retourner en cours.

Je comprends bien l'excitation de certains à l'idée d'une révolution qui approche. Il y a beaucoup de signes avant-coureurs : la situation sociale est explosive, la jeunesse s'embrase avec une facilité étonnante, sur n'importe quel sujet, et ce depuis une dizaine d'année, le personnel politique n'est, globalement, pas du tout à la hauteur de la situation, et la récession économique s'annonce. Si NS a sommé son ministre de l'éducation de rendre les armes sans condition, c'est bien à cause de tout cela : reconnaissons-lui au moins une certaine capacité à sentir d'où vient le vent (de Grèce ces dernières semaines). Mais une révolution qui ne serait pas précédée d'une réflexion profonde sur l'idéal démocratique et sur les valeurs de notre société, bref, une révolution qui ne serait pas d'abord philosophique, est voué à n'être qu'un déchaînement de violence suivi d'une période de réaction. La vraie réaction.

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Le badge de l'audace

5 Avril 2008, 14:21pm

Publié par Fabien Besnard

J'ai entendu hier David Douillet expliquer que les athlètes français allaient porter, en signe de leur attachement au droits de l'homme, un badge figurant... les anneaux olympiques. Outre qu'on voit mal le lien entre les valeurs de l'olympisme, dont on nous rebat les oreilles ces temps-ci, et les droits de l'homme (faut-il rappeler les opinions politiques de Pierre de Coubertin ?), on se demande si ce message n'est pas un peu trop explicite... En tout cas, ça m'a rappelé ce passage savoureux issu du "Confort intellectuel", de Marcel Aymé (et inspiré de faits réels, si on en croit l'auteur).

Etant en zone sud en 1943, je me trouvai en contact avec un cénacle de poètes qui publiaient leurs vers dans une revue locale. L'un d'eux, farouchement antinazi, publiait au grand jour des poèmes vengeurs dans lesquels il disait cruellement son fait à l'oppresseur, mais il le disait dans une forme si rare et si personnelle que l'ennemi le plus prévenu n'y pouvait rien surprendre. De temps en temps, le poète réunissait ses amis chez lui et tandis qu'il leur lisait ses derniers écrits, chacun se récriait sur sa témérité. "Vous verrez, disait sa femme avec une fierté douloureuse, mon mari sera fusillé." Assistant un jour à l'une de ces séances et comme le poète reprenait haleine, j'osai dire que rien, dans les vers que je venais d'entendre, ne me paraissait de nature à éveiller la susceptibilité de l'ennemi. Il y eut un froid dans l'assemblée. Aux regards hostiles et soupçonneux qui m'enveloppèrent, je sentis qu'en insistant le moindrement, j'allais passer pour un maréchaliste et peut-être pire. Enfin, le poète reprit sa lecture. Ses vers m'ont paru, à certains égards, tellement remarquables que j'en ai pris copie. Voici les derniers :

         Roche desprise il se surlève du guidon
         trois degrés mourant sur vos échines haut et bas
         arc-en-ciel divisé la plaine est pleine et coule
                                                la rivière crescendo
         le bruit blanc le chant allons au pré
         doux équilacérés la flamme torte fuligine
                                        la retombée coucou.

Un cri sauvage accueillit le point final. Les yeux pleins de larmes, la femme du poète se tordait les mains.
"Non, chéri, tu ne publieras pas ça ! C'est trop direct, c'est trop cru ! Ce serait un suicide !
- Si ! répliqua le poète qui était très pâle. Je le publierai.
-Voyons, mais tu ne te rends pas compte que c'est d'une brutalité inouïe ! Je vous en prie, vous tous, dites-lui d'être raisonnable !
-Allons, mon vieux, dirent les amis. Allons, mon cher, un peu de sagesse. Tu as une femme, des enfants, etc.
-Je le publierai."
Le poète serrait les dents, fièrement résolu. Chacun entreprit de lui démontrer sa folie téméraire en reprenant le poème mot à mot. "Au moins, sanglotait l'épouse, enlève
  '
arc-en-ciel divisé' et enlève 'coucou'."  Pour me racheter aux yeux de l'assemblée, je voulus être du sauvetage et je dis à mon tour :
"Guidon me paraît également très risqué. En somme, guidon est la traduction du mot "fuhrer".
-Monsieur, vous vous méprenez, répliqua fraîchement le poète. Mon poème n'est pas un mot-croisé."

Finalement, je l'ai su plus tard, le poème a été publié tel quel. L'auteur n'a été ni fusillé, ni emprisonné. Il a certainement pensé que les Allemands étaient bien bêtes et il doit encore en faire des gorges chaudes. Car notre homme était sincère, comme l'étaient sa femme et les autres personnes présentes. Et c'est une chose terrible à penser que tous ces gens-là croyaient se comprendre.

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Sarkologie

24 Février 2008, 15:26pm

Publié par Fabien Besnard

Certains semblent aujourd'hui surpris des prises de position et des annonces tous azimuts de notre président. A cet égard, il est instructif de se tourner vers le passé. Si je regarde ce que j'ai écrit ici et , je  constate que la déferlante de propositions remettant en cause les principes républicains à laquelle nous assistons actuellement est dans la continuité de la campagne présidentielle. Il est vrai que pendant cette campagne, Nicolas Sarkozy a fait jouer à plein l'effet Barnum, ce qui est sans aucun doute un facteur d'explication des déceptions actuelles. Néanmoins je persiste à penser qu'on peut déceler une certaine continuité dans le discours et surtout dans les actes de l'ancien ministre de l'intérieur aujourd'hui devenu président, notamment sur les questions de laïcité ou ayant rapport aux sectes.

Ce blog ayant pour ambition de promouvoir la pensée scientifique et le rationalisme critique, il me semble particulièrement important de m'attarder sur le cas de la scientologie. Aujourd'hui il semble qu'on se demande en haut lieu si cette dernière est bien une secte.
Dans cet extrait d'une émission de Canal +, Nicolas Sarkozy affirme n'avoir pas d'avis tranché sur la question, et reconnaît avoir "réorienté" les investigations des RG vers d'autres sujets que la surveillance des sectes. On entend dire, de plus en plus souvent, que la sciento serait une organisation religieuse qui aurait connu certaines dérives sectaires, sans plus. Autant comparer Cosa Nostra avec une organisation de défense des valeurs familiales qui aurait de temps en temps des dérives criminelles ! Qu'on en juge.

Voici tout d'abord un résumé trouvé sur
le site de l'UNADFI de la doctrine scientologique.

" Selon la scientologie, l’esprit humain ne fonctionne pas à pleine capacité (état de pré-clair), son activité est parasitée par des engrammes qui faussent le jugement et la vision de la réalité. Il faut les éliminer afin de devenir « clair ». Pour y parvenir il faut suivre toute une procédure. D’abord passer un test de personnalité censé définir les traits de la personnalité à améliorer ; puis faire une cure de purification comprenant course à pied, sauna intensif (4 heures par jour), absorption massive de vitamines (niacine), afin d’évacuer les toxines (médicaments, drogues…) de son corps. Puis enfin, suivre des cours spécifiques et des séances d’auditions durant lesquels l’adepte revit les moments douloureux de son existence puis de ses vies antérieures, pour s’en détacher. Les cours, les séances d’audition et le matériel coûtent cher. Afin de financer ces activités, l’adepte travaillera bénévolement pour la scientologie notamment en donnant lui-même des auditions à d’autres adeptes.

Une fois atteint l’état de clair, il entame le « Pont vers la Liberté Totale » afin de devenir un « Thétan Opérant » c’est-à-dire un être immortel et indépendant de son corps physique. Continuant les auditions, il passe le mur du feu (OT3) qui lui permet de découvrir qu’il est habité par des entités extra-terrestres (Body Thétan) dont il doit se délivrer en leur parlant par télépathie.

Lors des auditions, l’adepte révèle des détails intimes de sa vie, qui sont consignés dans un rapport. En cas de doute sur la loyauté de l’adepte, sur sa volonté à propager la scientologie, il est déclaré PTS (source potentielle de trouble) et soumis à un système punitif (restriction de sommeil, mise en quarantaine…) et à une vérification de sécurité. Dans certains cas, l’adepte peut être déclaré suppressif, c’est-à-dire un danger pour l’organisation, et envoyé dans un centre de réhabilitation (RPF)."

Le matériel coûte cher, en effet. On peut lire dans le
rapport parlementaire "Les sectes et l'argent" que "La Scientologie est certainement le meilleur exemple de secte qui a bâti sa fortune sur la vente. Cette organisation n'est qu'une machine à produire de l'argent et tout scientologue est avant tout un vendeur, comme le montrent, on l'a vu, les écrits de Ron Hubbard et les techniques commerciales enseignées aux adeptes. ". Considérons à titre d'exemple l'électromètre. Cet appareil, une sorte de ohmètre, dont un expert judiciaire a estimé le coût maximum à 5000 francs de l'époque peut être vendu jusqu'à 8 fois plus cher selon ce site. Certes, il s'agit là d'escroquerie, pas de suicide collectif comme dans le cas de la secte du temple solaire, et c'est un argument qu'on entend ces temps-ci. Pourtant certains adeptes ont été totalement ruinés par leur passage dans la secte, et il me semble que protéger les citoyens des escroqueries fait partie du rôle de l'Etat, et qu'une organisation dont les élucubrations new-age ne serviraient qu'à exploiter financièrement la crédulité et la faiblesse mériterait d'être dissoute. L'interdiction pure et simple de la sciento a d'ailleurs été envisagée en Allemagne.


La scientologie est classée comme secte, selon des critères bien précis, dans les différents rapports de l'Assemblée Nationale sur la question (
en voici un exemplaire). Ces rapports, fruits du travail remarquable de parlementaires de tout bords, doivent-ils être jetés au feu aujourd'hui sous prétexte que notre président a décidé qu'il fallait "réorienter" les choses ?

Outre les parlementaires, la justice s'est également prononcée à de nombreuses reprises sur cette organisation. Sur
ce site, des dizaines d'affaires sont recensées (voir également ici et ). Une thèse de droit pénal a même été soutenue sur le sujet. Extrait du résumé :

La secte nocive peut être juridiquement définie comme une personne morale à but philosophique, spirituel ou religieux dont les organes ou représentants commettent, pour son compte, des infractions pénales en tant qu'auteurs ou complices. La dangerosité de ce groupement est encore accrue lorsque la gravité de ces infractions augmente au fur et à mesure que l'adepte progresse dans le corpus spirituel de la secte.

Les organisations françaises se réclamant de l'Eglise de Scientologie, obéissant strictement aux directives internes de son fondateur L. Ron Hubbard, sont le théâtre de tels faits répréhensibles.

Cette thèse a obtenue les félicitations du jury.

Ce sujet mériterait bien d'autres développement, mais je n'ai pas de temps pour cela. J'invite mes lecteurs à visiter les sites mis en lien plus haut, ils valent vraiment le détour. J'en donne deux autres pour terminer, l'appel de Marianne, et l'appel laïque. A force ça va peut-être servir à quelque chose de pétionner, même si je crois que seule une manifestation monstre comme la France en a déjà connue sur ce sujet pourraît s'avérer efficace.

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Drame en rase campagne : des pâquerettes fauchées.

18 Juin 2007, 16:38pm

Publié par Fabien Besnard

Et en plus ils sont contents : c’est mieux que si c’était pire... Je parle des socialistes bien sûr, et de leur fabuleuse mi-défaite. Pour la première fois de ma vie je ne suis pas allé voter hier. J’aurais bien voté blanc mais les votes blancs ne sont pas comptabilisés, alors à quoi bon ? En tout cas il était hors de question pour moi d’apporter mon soutien à un parti moribond, paralysé par la question Européenne, qui détermine presque toutes les autres, et qui divise tant les socialistes qu’ils ne peuvent plus rien proposer d’intelligible. La seule chose qui les a rassemblé dans cette campagne est l’opposition frontale à la TVA sociale, mesure dont j’ai entendu parler pour la première fois grâce à une... militante socialiste, et dont j’ai déjà dit que j’en pensais du bien. Cette opposition systématique, irréfléchie, à caractère purement électoraliste et essayant de jouer sur la peur des citoyens n’augure rien de bon pour la suite. Il est grand temps que ce parti là meurt pour que la gauche renaisse, une gauche aux idéaux républicains revivifiés, et que les plus libéraux et euro-ravis des socialistes rejoignent le Modem, où ils pourront faire de la politique de façon intellectuellement honnête, en accord avec leurs idées profondes. Quitte à ce que les deux partis, le futur parti de gauche républicaine que j’appelle de mes voeux, et le Modem, se rejoignent ponctuellement sur certaines questions, notamment institutionnelles. Car le comportement, souvent déplorable, de notre personnel politique est conditionné par les institutions, et donc primitivement par la Constitution, qu’il convient d’améliorer.

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Traître academy

18 Mai 2007, 21:19pm

Publié par Fabien Besnard

Morin, Besson, Kouchner, tous les trois ont été très brillants cette année. Qui va remporter la traître-academy 2007 ? Morin a rallié Sarkozy entre les deux tours, sapant les bases de la stratégie de Bayrou dont il était censé être le lieutenant. Une belle trahison dans un beau style classique, mais rien de bien surprenant pour un centriste. Besson, passant avec armes et bagages à l'ennemi dont il avait dressé le portrait au vitriol alors qu'il était encore supposément socialiste, c'est assez épatant. Du jamais vu à ce niveau. La barre est décidemment très haute. Sauf que personnellement je vote pour Kouchner. Retourner sa veste le soir du second tour, quasiment en direct, c'est magnifique. Difficile à battre. A lui donc le grand prix, remis des mains mêmes de Nicolas S. vainqueur de la traître academy 1995  : s'asseoir à droite de Christine Boutin au prochain conseil des ministres.

Comment a t-on pu en arriver là ? Assister au triomphe du cynisme politique le plus écoeurant ? Il n'y a pas de raison que l'être humain soit moins vertueux aujourd'hui qu'hier. Si on en est là c'est que le système politico-médiatique secrète et récompense ce genre de comportement. Il est donc urgent de réfléchir à des changements institutionnels (et médiatiques) et j'aurai l'occasion d'y revenir. En attendant de tels changements, il m'apparaît essentiel de récompenser dans les urnes ceux dont le comportement politique reflète un minimum d'éthique.

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Scoop : François Bayrou élu !

13 Mai 2007, 21:59pm

Publié par Fabien Besnard

Un nouveau mode de scrutin, le jugement majoritaire, a été expérimenté lors des deux tours de la dernière élection présidentielle dans trois bureaux de vote à Orsay. Voir les détails ici. Lors du premier tour, le scrutin habituel dans ce bureau classait dans l’ordre Sarkozy et Royal puis Bayrou, éliminé du second tour comme dans le reste du pays. En revanche, avec le jugement majoritaire Bayrou était élu président (du moins sur Orsay !). Dès lors que des modes de scrutin peuvent influer de façon aussi décisive sur le résultat d’un vote, et par conséquent sur la vie politique, et même l’histoire d’un pays, il semble évident que le choix de ce mode revêt une importance fondamentale. Traditionnellement dans notre pays, le choix du mode de scrutin est du domaine des politiques qui sur cette question ont une attitude simple à résumer : la fin justifie les moyens. Or il se trouve que la Science a son mot à dire sur la question. La démocratie, et en particulier le suffrage universel, pose la question du choix collectif : comment faire un émerger un choix collectif à partir des préférences particulières ? Cette question n'admet pas de réponse immédiate puisque, comme on l’a vu, différentes procédures donnent des résultats différents. Des résultats paradoxaux peuvent même se produire, comme l’a réalisé Condorcet il y a déjà plus de deux siècle. Par exemple, dans une élection majoritaire à deux tours, comme le scrutin présidentiel français, un candidat qui battrait n’importe quel autre au second tour peut être éliminé au premier. Un tel candidat est appelé candidat-Condorcet (c’est plus joli que candidat cocufié…)  Si l’on se fie aux sondages, qui après tout ne se sont pas trop trompé cette fois ci, François Bayrou était un candidat-Condorcet aux dernières élections. Un mode de scrutin qui permet l’existence de candidats-Condorcet recèle donc une incohérence interne, que rien ne saurait justifier. Un mode de scrutin réellement démocratique ne doit donc pas permettre de telles incohérences. D’autres critères sont également à prendre en compte, comme la possibilité de triche : on peut imaginer qu’un parti suscite la formation dans le cas adverse de partis sous-marins, dont le seul but soit de tromper les électeurs et morceler l’électorat des adversaires. De telles pratiques se sont déjà vues, notamment dans le monde syndical. Le scrutin majoritaire à deux tours étant très sensible à l’émiettement des voix, comme on l’a constaté en 2002, il est également sensible à ce type de tricherie. Sans parler du chantage au vote utile, qui a probablement faussé les résultats de l’élection de 2007, et de la difficile émergence de forces nouvelles.

On peut bien sûr également critiquer le jugement majoritaire. Guy Carcassonne se demande s'il aurait permis d’élire un De Gaulle ou un Churchill. Outre que cet argument n’a aucune porté puisqu’il est totalement invérifiable, on peut rappeler que De Gaulle n’a pas été élu au suffrage universel majoritaire à deux tours en 45 ni en 58, seulement en 65. On aimerait qu’un constitutionnaliste de la trempe de Guy Carcassonne ne se sente pas autorisé à répondre à des vraies questions, qui vont au fond de la question de la légitimité démocratique, par des réflexions ironiques sur le patinage artistique. Cela est malheureusement révélateur de l’état de connaissance de ce que Condorcet appelait l’arithmétique politique dans les élites françaises. Si l' on veut juger d'un mode de scrutin, ce ne peut être qu’à l’aune de critères à la fois démocratiques et exempts de contradictions. Or une fois les critères posés, ce n’est plus aux politiques mais aux scientifiques spécialistes de la question de déterminer quels sont les modes de scrutin qui y répondent. Et s’il s’avère qu’il y en a plusieurs, d’autres considérations, comme la simplicité ou la clarté pourront être utiliser pour les départager. Certains objecteront peut-être que ces dernières qualités sont si importantes, puisqu’un citoyen lambda doit être à même de comprendre le mode de scrutin et pouvoir lui faire confiance, qu’on puisse envisager une entorse aux règles logiques et démocratiques pour les satisfaire. On pourrait craindre par exemple que le jugement majoritaire rende l’élection confuse et oblige à l’utilisation de machines à voter toujours suspecte, et que cette considération l’emporte sur la justice électorale. Or il se trouve qu’un autre mode de scrutin, qui possède essentiellement les mêmes vertus que le jugement majoritaire est à la fois simple, clair, et facile à mettre en place. Il s’agit du vote par assentiment. Le principe tient en une ligne : au lieu de placer un bulletin de vote dans une enveloppe, on a le droit d’en placer plusieurs. C’est le mode de scrutin qui a ma préférence.

Il est malheureusement très peu probable que ces questions essentielles apparaissent sous peu dans le débat politique, à l’exception peut-être du débat sur la proportionnelle aux élections législatives (alors qu’il ne devrait pas y avoir de débat puisque c’est le seul scrutin juste dans ce type d’élection). Mais l’expérience d’Orsay aura au moins le mérite de révéler que le choix des Français n’est peut-être pas aussi tranché qu’on veut bien le dire et relativisera bien des affirmations péremptoires sur la bipolarité qui aurait été soi-disant plébiscitée.

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Je n'y crois pas...

23 Avril 2007, 14:05pm

Publié par Fabien Besnard

Bon, mes intuitions politiques ne semblent pas très fiables, puisque je croyais dur comme fer que Bayrou serait au second tour. Alors si je vous dis que je ne crois pas du tout que Royal puisse battre Sarkozy, vous avez le droit de ne pas être convaincus. Néanmoins un rapide calcul ne laisse pas beaucoup de chances à la candidate socialiste : en raclant tout ce qui est à sa gauche, c'est-à-dire en imaginant un hypothétique report de voix de 100 % à gauche, plus un quart des électeurs de Le Pen, il faudrait encore que Royal réussisse à capter les deux tiers des électeurs de François Bayrou pour arriver seulement à 50 %. Si cela se confirme, mais tant mieux si je me trompe, beaucoup de ceux qui ont voté hier pour la candidate du PS risquent de regretter rapidement leur choix. Je connais pas mal de socialistes qui ont voté hier avec une seule idée en tête : passer le premier tour pour éviter le naufrage de leur parti. Ont-ils jamais entendu parler de Pyrrhus ?

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