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Le scandale du bac 2016

6 Juillet 2015, 18:18pm

Publié par Fabien Besnard

Je ne prends pas un grand risque en vous annonçant dès aujourd'hui que les sujets de maths-SVT-Physique-Chimie (rayer les mentions inutiles) de la session 2016 seront beaucoup trop difficiles pour les élèves. Une pétition sur internet sera d'ailleurs lancée, à grand renfort de tweets offusqués.

Je prends pas un grand risque, parce que depuis quelques années chaque millésime voit naître son petit scandale : sujet fuité, sujet de maths "trop dur" ou mal rédigé, noté sur 24. Au cas où vous ne seriez pas au courant, le dernier concerne le sujet de physique, et particulièrement l'exercice 1. (voir ici les sujets et les corrigés)

Cet exercice n'a pourtant rien de difficile, et il est assez choquant de voir des candidats qui semblent sincèrement stupéfaits qu'on puisse leur demander des choses pareilles...

Mais, ainsi que le note le président de l'Union des professeurs de physique-chime, un "fossé abyssal s’est creusé entre les attentes du programme et le niveau moyen des élèves sortant de terminale S".

En fait, il devient de plus en plus difficile de créer des sujets assez enfantins pour que les élèves les réussissent à coup sûr ! Autrement dit, le système commence à se fissurer : on n'arrive plus à cacher la misère !

Et c'est plutôt une bonne nouvelle.

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Bolo 24/06/2016 14:27

Pour la forme vous avez raison, bravo il y a des réclamations, sur le fond généraliser et faire un raccourci sur le niveau des étudiants ne vous honore pas. Se plaindre de gens qui se plaignent montre à la fois votre niveau d'instruction et de tolérance. Bref il n'y a que vous qui avez le droit de râler non ? Eux le font sans violence ni dénigrement... Quand ce sera vos enfants, vous y penserez...

coco 22/06/2016 10:22

Honteux de faire passer les élèves pour des cancres.Ne plus faire confiance aux jeunes et la psychologie négative (l' ironie en fait partie),voilà le vrai scandale du moment!

Philippe 14/07/2015 14:07

Ce post donne envie de créer une pétition pour alléger la notation des futures copies (d'ailleurs y a-t-il encore cohérence avec les notes transférées d'une année à l'autre ?) ! Quand on voit que les fondamentaux sont de moins en moins bien acquis, est-ce vraiment nécessaire de s'offusquer de la baisse de niveau dans les programmes ? Ne vaut-il pas mieux commencer par améliorer ce qui est déjà connu plutôt que de construire sur du sable (de la maternelle au master) ? Mais je vois bien le problème de la personnification du parcours de l'élève/étudiant (alors que les classes sont bondées) et la faible transmission des points à renforcer d'un enseignant à un autre ...
Personnellement, j'ai deux marqueurs de cette baisse de niveau. Le premier, c'est un élève de terminale L que j'ai pris en soutien scolaire en ce début d'année. Il avait une piètre orthographe, ne connaissait pas ses tables (je lui ai demandé par curiosité) et était clairement mal orienté (il s'est finalement inscrit en BTS en informatique (!)). Il a eu son bac grâce aux options théâtre et langue qui ont remonté sa moyenne. Le deuxième, c'est moi-même en fin de cursus d'ingénieur : comme je ne trouve pas encore de boulot, j'ai emprunté à la bibliothèque un cours de physique générale (Bruhat au début) pour combler un peu les trous. Mais plus je redescends dans les niveaux de manuels, plus il y a de trous, un vrai gruyère ! C'est assez déstabilisant et on ressent tout le temps et l'énergie perdus que ce soit dans le secondaire ou le supérieur. Il n'y a qu'en autodidacte ou avec le soutien des parents/soutien scolaire que les élèves pourraient s'en sortir. Votre métier n'est pas simple. Et s'il semble plus facile, c'est parce qu'on reporte ces chapitres ultérieurement. Est-ce que le niveau baisse pour autant en fin de cursus ?

Fabien Besnard 15/07/2015 22:11

Merci pour ce témoignage, Philippe.
Est ce que le niveau baisse en fin de parcours? La réponse est évidemment oui, et ce que vous dites est très révélateur. Les lacunes (que ce soit les tables de multiplication ou autre) ne sont jamais comblées, et si elles l'étaient ce serait au détriment d'autre chose. Je préférerais aussi des bases plus solides, , quitte à sacrifier les savoirs les plus élaborés, que l'on laisserait à l'autoformation, mais vous savez quoi? Cela se Verrait! Tandis qu'avec le système actuel, on peut faire semblant de faire de la mécanique quantique en terminale avec des élèves qui sont bloqués devant un oscillateur Amorti!

Fabien 13/07/2015 18:16

Hé oui, sourire-en-coin, à ceci près qu'il faut souvent simplifier les exos sous peine de voir des bac+n sécher sur des questions hier considérées comme élémentaires ! Excusez-moi, mais j'ai du mal à rester positif, surtout quand je me demande qui va enseigner les maths à mes enfants...

Sourireencoin 11/07/2015 14:31

Pour néanmoins rester positif (c'est possible !) sur le métier de prof de maths/sciences, il faut se dire que notre métier devient de plus en plus facile à force d'enlever des chapîtres entiers. Il suffit de ressortir des anciens cours en changeant le titre du niveau : le "collège" devient "lycée", le lycée devient L1-L2" et le Deug/prépa devient "L3-M1". Par exemple, j'utilise des exercices de 3è 1975 pour des BTS ! Bon courage et bonnes vacances.

x 03/09/2015 19:39

DUT génie électrique en 1976, je vois arriver des "ingénieurs" incapables techniquement de vérifier les plans et calculs "un peu pointus", on nous a formé des gestionnaires, chef de projet et autres "inspecteurs des travaux finis".