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Chanson d'humeur

29 Mars 2008, 17:03pm

Publié par Fabien Besnard

Sur l’air de « New York, USA », par Serge Gainsbourg :

 

J’ai-vu Win-doz, Win-do-ze-Vis-ta,

J’ai-vu Win-doz, Win-do-ze-Vis-ta,

J’ai-ja-mais-rien-vu-d’au-,

J’ai-ja-mais-rien-vu-d’au-ssi-lent,

Oh-c’est-lent, c’est-lent, Win-doz,

Win-do-ze-Vis-ta.

 

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Reportage sur Monsanto

14 Mars 2008, 18:41pm

Publié par Fabien Besnard

La presse, la radio, les journaux télés, ne tarissent pas d'éloges sur le reportage de Marie-Monique Robin 'Le Monde selon Monsanto' récemment diffusé sur Arte. Je l'ai moi aussi regardé, avec un a priori positif puisqu'on m'en avait dit du bien. Or, si le film m'a semblé convaincant par moment, notamment sur la collusion entre Monsanto et la FDA, qui si elle est avérée, est proprement scandaleuse, d'autres points m'ont vraiment gêné. Par exemple, le fait de considérer comme un argument digne d'être exposé le nombre élevé de réponses de google qu'on on y tape "Monsanto+fraude", ou quelque chose dans ce goût là ! Le fait également que le reportage soit totalement à charge, et que certaines questions qui viennent immédiatement à l'esprit soient passées sous le tapis, par exemple : si les semences de Monsanto provoquent la faillite des paysans, pourquoi ces derniers les achèteraient-ils ? N'y a-t-il pas d'autre fournisseur ? Certains intervenants ne m'ont pas paru très crédibles, comme cette indienne qui affichait son hostilité à tout progrès en agronomie, en même temps que sa ferveur religieuse comme le nez au milieu de la figure... Enfin aucune preuve n'a été fournie que les variétés monstrueuses de maïs trouvées au Mexique aient un rapport avec la contamination par les OGM. La séquence où un militant anti-OGM s'adresse aux paysans mexicains avait d'ailleurs de forts relents de propagande. Sans parler de la mise en scène où l'auteur se donne en permanence le rôle du chevalier blanc. Bref, ça m'a laissé comme un drôle d'arrière-goût. Si des arguments rationnels et pertinents existent, pourquoi utiliser des procédés aussi douteux ?

C'est pourquoi j'ai eu la curiosité de "googler" à mon tour le nom de l'auteur de ce fameux reportage. Il se trouve que c'est cette même personne qui a réalisé le reportage "voleur d'yeux", sur d'horribles trafics d'organes, qui avait fait beaucoup de bruit à l'époque, et qui en a refait un peu plus tard pour une autre raison...  Un des arguments du "monde selon Monsanto", et que si une firme trempe dans des affaires louches, on ne peut plus lui faire confiance. Jamais. Apparemment le milieu médiatique n'applique pas la même intransigeance à ses membres.

Enfin, google m'a mené
sur le site de l'AFIS, qui démonte l'argumentaire de Marie-Monique Robin sur des points très précis, et transforme certains des doutes qui m'avaient envahis en certitude que les responsables des chaînes de télévision, y compris du service public, manquent singulièrement de sens critique. Ou alors a-t-on volé leurs yeux ? 

MAJ : voir également ce lien. On y apprend que le film de Mme Robin sera diffusé à l'Assemblée Nationale le 31/03....

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Mathématiques et sentiments

5 Mars 2008, 17:43pm

Publié par Fabien Besnard

Le journal des étudiants de l’EPF a récemment publié un sujet sur l’utilité des maths. N’est-ce pas trop abstrait pour de futurs ingénieurs ? Est-ce vraiment utile de démontrer les théorèmes ? N’apprend-on pas à raisonner ailleurs qu’en mathématiques ? Je recopie ici ma réponse, légèrement remaniée.
 
Vous imaginez bien que je ne pouvais rester sans réaction devant votre article sur les maths !
 
Je ne vais pas détailler une argumentation sur l'utilité des maths : je vais plutôt vous raconter une anecdote. Quand je suis arrivé à l'EPF il y a eu une réunion sur l'enseignement des maths, car des changements s'imposaient. Tous les enseignants des matières scientifiques ont été invités à dire ce dont ils avaient besoin en maths. Eh bien ils avaient besoin de tout, sauf des structures fondamentales (groupes, anneaux, corps). Ils avaient même besoin de choses qui n'étaient plus enseignées (coniques, produit vectoriel, courbes paramétrées).
Concernant la "demande des entreprises", je ferai simplement remarquer que le succès actuel des ingénieurs indiens est en grande partie dû à leur bon niveau en maths (en plus de leur maîtrise de l'anglais).
 
Mais je voudrais surtout rebondir sur la formation de l'esprit par les mathématiques. Il est absolument exact que l'on apprend à raisonner ailleurs qu'en mathématiques. L'esprit critique, la clarté de l'exposé, la logique d'un argumentaire, tout cela s'apprend aussi en classe de Français, puis en Philosophie. Je dirais même que ça s'apprend d'abord en Français, et que les mathématiques ne font qu'affiner et solidifier ce qui doit être acquis par la maîtrise de la langue. C'est particulièrement clair en logique. Néanmoins, on ne peut pas demander à des élèves de cinquième d'avoir la maturité nécessaire pour s'essayer à l'exercice de la dissertation, tandis qu'on peut les faire réfléchir sur des problèmes simples d'arithmétique ou de géométrie. La "musculation" cérébrale acquise en mathématique pourra être réutilisé en Français ou ailleurs, et réciproquement. Enfin, pour terminer avec cet aspect des choses, je dirais qu'il faut voir les mathématiques comme une forme épurée de la pensée rationnelle. C'est quand même en cours de mathématiques qu'on comprend le mieux la différence entre une implication et sa réciproque, entre une causalité et une corrélation. Les maths sont ainsi une "hygiène de l'esprit" qu'on peut appliquer ailleurs, et qu'on n'applique malheureusement pas assez ! Ainsi chacun devrait se rebeller devant la proposition de ne pas démontrer les théorèmes ! Car s'il y a bien une chose à retenir du cours de mathématiques, c'est le refus absolu de l'argument d'autorité : tout doit être prouvé. Cette leçon a d'ailleurs des implications si importantes que de nombreuses personnes mettent en place des cloisons étanches dans leur esprit entre leur savoir mathématique ou plus généralement scientifique et les autres domaines de leur vie, comme l'a bien montré Robert Musil, dans "l'homme sans qualité". Ceci m'amène au dernier point, qui pourra en surprendre plus d'un : l'importance des sentiments dans la relation de chacun avec les mathématiques.
 
En effet, je ne crois pas que les mathématiques provoquent plus de difficultés que par exemple, la physique ou la gym au sol. Seulement on en parle beaucoup plus, et les émotions sont plus exacerbées : les maths ne laissent pas indifférentes. On peut penser que cela vient du fait que les maths sont une matière sélective, mais je ne crois pas du tout que ce soit la raison profonde. En réalité, avoir des difficultés en maths, c'est très vexant. Alors pour lutter contre ce qu'on imagine être une preuve de sa propre stupidité, on s'invente des raisons de ne pas aimer les maths : c'est une stratégie d'autodéfense émotionnelle. Par exemple on dira que ça ne sert à rien (ce qui est faux), ou que c'est trop abstrait (accuse-t-on les poètes de n'être point concrets ?). Or il n'y a rien de plus naturel que d'avoir des difficultés en maths, car les maths sont difficiles. Mais ce n'est pas le chemin qui est difficile, c'est "difficile" qui est le chemin ! De plus il faut se consoler en disant que les mathématiques sont le seul domaine où on peut absolument tout expliciter. Donc avec du travail on peut arriver à un niveau correct sans être aucunement doué. Il est vrai que certains auront besoin de plus de travail que d'autres, mais c'est le cas pour toute matière. Bien entendu, il est très difficile de travailler les maths si on a au départ une prévention à leur encontre. Or travailler les maths c'est courir le risque de devenir bon ! Ce n'est pas une boutade : il est connu que des personnes analphabètes craignent d'apprendre à lire parce qu'elles ont peur de changer profondément, ou de sortir de leur milieu, voire d'être mal perçues par leur famille. Certains parents atteints de surdité congénitale refusent que leurs enfants soient opérés pour les mêmes raisons. Or les maths peuvent vous changer en profondeur, elles peuvent vous donner accès à un monde différent, et, tout bêtement, ça fait peur... Il ne faut pas sous-estimer cet aspect de la question. Enfin, je dois admettre qu'il est difficile de s'intéresser aux maths que l'on enseigne dans le secondaire. On y a retiré tout ce qui était un peu joli (la géométrie) sous prétexte que c'était inutile. Mais comment se passionner pour les fonctions affines ? Jusqu'en première S il n'y a rien que de très ennuyeux, et si j'étais plus jeune de 20 ans, je ne suis pas sûr du tout que les maths m'attireraient. Celui qui prétend s'intéresser à un sujet parce que c'est utile est un menteur ! Il serait donc nécessaire de remettre des belles maths dans le secondaire. Quant à vous, à l'EPF, soyez heureux car vous avez plein de jolis concepts à apprendre...
 

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Ouverture du blog des livres

1 Mars 2008, 14:49pm

Publié par Fabien Besnard

Il y a quelques jours vient de s'ouvrir sur le site du magazine La Recherche, complètement rénové, le "blog des livres". Je me suis engagé à y écrire au moins une note tous les deux mois. La première concerne le livre de Lubos Motl, "L'équation Bogdanov".
Je suis sûr que les lecteurs de Mathéphysique seront sensibles à la philosophie du blog des livres, ainsi résumée par Vincent Duclert : "Celle-ci est autant une entreprise de vulgarisation des savoirs qu’une occasion de renforcer la recherche par la discussion sur ses méthodes et ses résultats et qu’une contribution de chaque jour à la liberté intellectuelle. "

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