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Peut-on vulgariser la science ?

21 Janvier 2006, 17:19pm

Publié par Fabien Besnard

Il s'est engagé plus bas un débat intéressant sur la vulgarisation scientifique. Comme il n'a pas grand chose à voir avec l'article initial, je recopie ici les commentaires pour plus de clarté.

 

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Les atomes de réalité

13 Janvier 2006, 15:02pm

Publié par Fabien Besnard

Plusieurs articles récents sur ce blog et celui de David Corfield ont abordé le sujet de la réalité mathématique. Deux références importantes sur le sujet son le livre de Connes et Changeux, et celui d’Omnès (voir aussi son dernier livre en anglais dont un compte-rendu ce trouve ici). Omnès s’attaque au problème, à mon avis fondamental, résumé par Wigner sous la forme de la « miraculeuse efficacité des mathématiques ». R. Hersh propose une réponse (qui est également celle de Changeux) sous la forme d’une analogie. Il n’y a rien d’étonnant à ce que nos mathématiques soient adaptées à notre monde de la même façon qu’il n’y a rien d’étonnant à ce que nos poumons soient adaptés à notre atmosphère. Cet argument est généralement avancé par ceux qui estiment que les mathématiques sont une pure construction humaine, par opposition aux platoniciens qui voient l’activité mathématique comme la découverte d’un monde existant en dehors de nous. Omnès rétorque semble-t-il à « l’argument des poumons » par la constatation que nos mathématiques sont adaptées à un monde dans lequel nous n’avons pas grandi : le monde quantique. Je voudrais proposer ici une autre analogie qui illustre une situation plus complexe que la simple dichotomie création/découverte, une situation qui est également illustrée page 18 du livre de Penrose « The Road to Reality » : on y voit le monde mental, sous-partie du monde physique, lui-même sous-partie du monde mathématique, lui-même sous-partie du monde mental.

 

Il ne fait aucun doute que les concepts mathématiques les plus simples ont été abstraits par l’esprit humain du monde des objets matériels. Cette abstraction se fait en oubliant toutes les propriétés de ces objets pour n’en garder que celle que l’on souhaite définir et étudier. Ainsi le concept de nombre entier est obtenu en mettant en relation mentale des groupes rassemblant un même nombre d’objets indépendamment de la nature de ces objets. Je pense qu’on conviendra aisément que tout concept, mathématique ou non, est obtenu par un processus du même type. Ce qui fait l’originalité des mathématiques c’est la simplicité des concepts ainsi mis en évidence, et le fait d’étudier les relations logiques que ces concepts nouent entre eux. Les mathématiciens ont ainsi pu définir de nouveaux concepts encore plus simples que ceux directement abstraits du monde matériel par une sorte de « distillation », ou au contraire en former de plus complexes qui peuvent éventuellement n’avoir aucune pertinence dans l’étude du monde physique. C’est la méthode Cartésienne de réduction et de reconstruction en action ! Cette méthode a également été utilisée avec le succès que l’on sait dans les sciences de la matière : les chimistes ont mis en évidence les corps simples, puis les ont composé pour obtenir par synthèse soit des corps déjà présents dans la nature soit des corps entièrement nouveaux. Il y a là une analogie que je trouve frappante. Le fait que le PVC soit une création humaine ne change rien au fait que le PVC existe, d’une part, et d’autre part ne lui confère nullement un statut particulier du point de vue physico-chimique : ses propriétés sont les conséquences des mêmes lois qui s’appliquent à tous les corps. Qu’est-ce qui permet de distinguer un composé « naturel » d’un composé de synthèse ?  

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Des nouvelles du front

11 Janvier 2006, 19:51pm

Publié par Fabien Besnard

Je veux parler de celui de la bataille contre la destruction de l'école républicaine, qui doit être de plus en plus celle de la refondation de l'instruction publique, car il vaut mieux se battre "pour" que se battre "contre". Mais parfois on n'a pas vraiment le choix...

Ainsi on peut signer en ligne l'appel des parents contre les nouveaux programmes de l'école primaire. Un jour viendra peut-être où un ministre de l'éducation fera le même aveu que le PDG de TF1, et avec autant de cynisme car il aura atteint son but, à savoir préparer le cerveau des futurs consommateurs.

Laurent Lafforgue était l'invité d'Alain Finkelkraut samedi 7 janvier dans l'émission Répliques sur France Culture. On peut l'écouter ici. (je ne sais pas si ce lien va rester actif très longtemps, alors dépêchez-vous). Autant Lafforgue était simple, clair et "punchy", autant son contradicteur (Alain Viala) était abscons...

J.P Brighelli l'auteur du livre (que je n'ai pas encore lu) "la fabrique du crétin", qui connaît un certain succès, vient de lancer un blog : "bonnet d'âne". 

Enfin, je termine avec un véritable bol d'air pur : Catherine Kintzler résume avec rigueur et limpidité la pensée de Condorcet sur l'instruction publique, et montre que ceux qui se battent aujourd'hui pour sa sauvegarde ont à l'esprit un idéal autrement plus noble que l'alliance improbable des gestionnaires et des pseudo-scientifiques de l'éducation qui inspirent malheureusement les décisions ministérielles depuis plus de 20 ans.

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Passions

6 Janvier 2006, 15:48pm

Publié par Fabien Besnard

"Le philosophe qui veut éteindre ses passions

ressemble au chimiste qui voudrait éteindre son feu."

Chamfort.

Il me semble que la chose la plus difficile à accomplir pour un être humain est de reconnaître qu’il s’est fourvoyé. Et plus il s’est fourvoyé longtemps, plus il lui est difficile de le reconnaître. Cela implique d’une part de perdre la face, ce qui est toujours désagréable, mais pire encore d’envisager le fait d’avoir perdu une part du précieux temps qui nous est accordé sur cette Terre à défendre des inepties. Plus on a investi, plus on se refuse à accepter le fait de l’avoir fait en vain, et plus on a recours à des arguments irrationnels pour se justifier.

 

Ce phénomène psychologique est si fort qu’il touche même ceux dont le métier est de douter, selon la bonne vieille méthode cartésienne, je veux parler des scientifiques. Il suffit pour s’en convaincre de considérer que le plus éminent chimiste français de la fin du XIXe siècle, Marcellin Berthelot (mort en 1907), n’a jamais accepté l’existence des atomes. Il est tentant de faire un parallèle avec la théorie des cordes, dont certains partisans vont jusqu’à promouvoir une remise en cause complète de la méthode scientifique plutôt que d’admettre que leur théorie est actuellement dans une impasse (dont elle sortira peut-être un jour, l’avenir le dira). L’être humain est-il alors irrémédiablement borné, et y a-t-il lieu de désespérer de lui ?

 

Borné, il l’est c’est certain, mais il faut considérer que lorsque cela ne l’entraîne pas jusqu’au déni de la réalité, c’est une qualité essentielle. La persévérance est en effet indispensable à l’accomplissement de tout programme scientifique un tant soit peu ambitieux. Plus encore que la persévérance, une motivation interne qui peut s’apparenter à un a priori ou à un parti-pri philosophique sont à mon sens nécessaires. Comment dès lors accéder à l’objectivité ? Ce n’est pas chose aisée, et ce qui est remarquable dans la Science et ce qui la distingue pratiquement de toutes les autres entreprises humaines c’est précisément la possibilité de réaliser des consensus malgré la multiplicité des a priori. Ainsi, bien qu’il y ait presque autant d’interprétations de la mécanique quantique que de physiciens, tous tombent d’accord sur les prédictions que fait cette théorie. Mais la multiplicité des interprétations sera peut-être un atout le jour, et ce jour viendra n’en doutons pas, où il faudra dépasser cette théorie, de la même façon que la variabilité génétique est un atout adaptatif pour une espèce. Donc vive les a priori, mais à deux conditions : qu’ils ne soient pas hégémoniques, et qu’ils n’aillent pas jusqu’à remettre en cause la possibilité même du consensus, c’est-à-dire les principes mêmes de la Science.

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David Krakauer

3 Janvier 2006, 19:04pm

Publié par Fabien Besnard

J'ai évoqué ici il y a quelques temps le génial clarinettiste David Krakauer. Ce virtuose joue du Klezmer, de la musique traditionnelle ashkénaze. Sauf que ce n'est pas du Klezmer à la grand-papa ! Son klezmer il nous le fait "à la Béchet", mais aussi à la sauce rock, jazz, hip-hop... Si vous ne connaissez pas, précipitez vous sur son dernier album :

BUBBEMEISES LIES MY GRAMMA TOLD ME

Si ça ne vous donne pas envie de danser c'est que vous êtes soit mort, soit antisémite !

Et n'oubliez pas d'aller le voir en concert s'il passe près de chez vous. Vous pouvez visiter le site internet de l'artiste, où vous trouverez entre autres les dates de ses prochains concerts.


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